Bienvenue en médiocratie – part. 3

 

Sud Radio, la Minute du Coach

Pablo : Bonjour Fabian.

Fabian : Salut Pablo !

Depuis quelques Minutes du Coach, on parle de la Médiocratie.
“Bienvenue en Médiocratie”, c’est la thématique encore aujourd’hui.
On se replonge dans quelques articles que tu as publiés sur ton blog et que l’on peut consulter via eagle-academy.com.
Aujourd’hui, les médiocres en vacances.

Un joli club de vacances (5 étoiles tout d’même) dans un joli village d’un joli pays au bord d’un océan joli aussi, bleu.

Papa et maman Médiocre descendent de taxi, bruyamment suivis par leur médiocre progéniture. La peau blanche linge d’hôpital, le quatuor arbore l’insupportable morgue du conquérant foulant sa terre nouvelle. Dans une heure ils seront au bord de la piscine déjà. Ne pas perdre un instant. Exposer le corps laiteux. Le saisir d’abord. Qu’il soit rouge vif. Le cuire à feu doux ensuite. Qu’il noircisse comme une banane trop mûre. Dans 10 jours, de retour à la vraie vie, leurs jolis amis admireront leur joli bronzage et l’un des Médiocre renchérira : “ça part déjà là. Tu m’aurais vu : j’étais noir !” Parce que papa et maman Médiocre ne sont pas du genre à se pavaner avec un bronzage discrètement acheté dans un solarium de province. Ça c’est de la triche ça Môssieur. C’est pour les amateurs, les pauvres, les encore-plus-médiocres qui n’ont pas les moyens et qui se retrouvent avec un cœur blanc sur le haut des fesses. Là où la peau colle tellement au banc solaire qu’elle en empêche l’action des rayons. Le mélanome n’est jamais loin. Que le soleil soit vrai d’ailleurs ou faux d’ici. Mais j’ai déjà eu un cœur aux fesses aussi. Bienvenue en Médiocratie.

Pour réussir ses vacances, rentabiliser son investissement, la famille Médiocre conçoit rapidement un modus operandi : dès l’aube, l’un d’eux – il est décidé d’établir une tournante – ira à la piscine et recouvrira quatre transats – toujours les mêmes – d’épaisses serviettes de bain jaune délavé, estampillées au nom du joli club du joli village.

Et une fois qu’on a découvert THE emplacement, on marque son territoire, on place ses bornes – une paire de sandales par exemple -, on érige son étendard – un paréo jeté négligemment sur la baleine de l’un des deux parasols confisqués dès potron minet -, on met des gardes aux frontières – le dernier Guillaume Musso.

Bien souvent, les serviettes suffisent pourtant et à 7h, plus aucun transat n’est nu. Un tapis jaune délavé (redisons-le) cerne le bleu turquoise de la piscine. L’eau bruisse à peine. Le village dort encore. Les éclaireurs porteurs de serviettes de bain sont allés se recoucher. Dormez tranquilles bonnes gens, tout est prêt pour passer d’une couche à l’autre, du lit blanc au transat devenu jaune. Bientôt la peau suivra le même chemin. Plus elle jaunit plus elle vieillit. Mais j’ai la peau jaunie aussi. Bienvenue en Médiocratie.

Vers 11h, vous choisissez d’épuiser votre corps dans la jolie salle de sport du joli club du joli village. Alors que vous poussez des cris de bête aux abois en soulevant des poids, d’autres conquérants – ils se repèrent donc à la morgue, vous l’aviez compris, à la foulée qui dit “c’est à moi” et à la peau non encore tatouée par le cagnard – visitent le lieu. Sans un regard ni un sourire ni un bonjour, ils inspectent cet endroit où ils viendront une fois – 13 minutes -, essayant chaque machine à construire du muscle, posant leur fessier sur chaque vélo, pédalant … un peu. La conscience est bonne. “J’ai fait du sport“. L’investissement est rentable. “J’ai utilisé les infrastructures. Surtout, je pourrai dire que le joli club du joli village était joliment équipé. Y avait même une jolie salle de sports !” Tout à l’heure, leurs rejetons s’étant faits de nouveaux amis au bord de la piscine, débarqueront en troupeau dans cette salle où vous serez encore. Un troupeau médiocre qui ne dira pas plus bonjour mais qui prouvera son existence par les cris – je devrais dire les hurlements -, les galopades et les jets de gobelets d’eau. Ne pas en vouloir aux rejetons car rejetons ils sont. Mais se questionner sur leurs médiocres géniteurs. Ils vivent dans le déni de l’autre. C’est le propre du médiocre de nier les autres médiocres. L’autre n’existe pas. Il le nie. Mais je le nie parfois aussi. Bienvenue en Médiocratie.

Midi plein. Re-bord de la piscine. C’est pas que l’eau bruisse c’est qu’il y a tempête. Certes le règlement interdit de sauter dans l’eau mais sautent les médiocres rejetons jamais recadrés par papa et maman Médiocre. Certes le règlement interdit de jouer au ballon mais volent les ballons des rejetons. Les ballons volent. Papa et maman Médiocre batifolent. Le thermomètre s’affole. 38 degrés Celsius. Et cet enfant d’à peine un an de déambuler seul, sans casquette – SANS CASQUETTE ! – tout au bord de la piscine faite tempête.
Sur sa tête le soleil brille. Mais sur la mienne il brille aussi. Bienvenue en Médiocratie.

18h. Les Médiocre quittent piscines et plages (le cirque y est identique : arriver tôt et baliser son territoire pour pouvoir en jouir plus tard) et déferlent dans les grandes surfaces. Les regards sont torves ou bovins, les corps mous. Les pieds décollent à peine du sol, pendant au bout de longues molles guiboles, épuisées par trop de stress (défendre son territoire, ça use) et écrasant d’horribles slaches qui glissent sur les sols. Les ex-baigneurs s’adonnent au ski de fond. Plus d’énergie pour soulever les pieds. Remplir les caddies de calories. Vider les caddies. Remplir les coffres. Vider les coffres. Remplir les frigos. Vider les frigos. Remplir les ventres. Les ventres sont remplis. Mais mon ventre est rempli aussi. Bienvenue en Médiocratie.

3h du matin. La nuit enveloppe le joli club du joli village. Autour de la piscine, tiens, pas une seule serviette de bain. Mais papa et maman Médiocre se sont faits de nouveaux amis : les géniteurs des nouveaux amis de leurs médiocres rejetons. La nouvelle meute (deux coqs, deux poules et une ribambelle pas belle) se répand dans les allées. Maman Médiocre tient conférence. Toute heureuse d’avoir de nouveaux amis, des rejetons criards, un mari avec une jolie chemise à carreaux et un joli ventre en poupe, toute heureuse surtout de n’être plus blanche et boulotte mais seulement boulotte, maman Médiocre dis-je, tient conférence. La voix est sonnante. Les deux coqs rient. La voix est sonnante. L’autre poule se tortille. La voix est sonnante. La ribambelle crie. La voix est sonnante. Votre nuit est finie. Mais ma voix parfois sonne aussi. Bienvenue en Médiocratie.

7h15. Il est temps que je termine ce billet. J’ai encore quatre transats et deux parasols à confisquer. Pas se louper le dernier jour ! Les vacances aussi sont bientôt finies. Bienvenue en Médiocratie.

 

 

 

Bienvenue en médiocracie – part. 2

 

Sud Radio, la Minute du Coach.

Pablo :  Bonjour…. Ave Fabian !

Fabian :  Ave Pablo !

Dans une précédente Minute du Coach, nous parlions de la médiocratie. “Bienvenue en Médiocratie”. Voici un peu la suite où tu exhumes, en quelque sorte, des petits textes, des articles que tu as publiés sur ton blog, que l’on peut d’ailleurs retrouver sur eagle-academy.com tout simplement.

Effectivement. Cet article date de 2013.

Et il est toujours d’actualité ?

Oui. Alors c’est le jour où nous avons eu un nouveau roi. J’avais été frappé par quelques images. Et ces quelques images ont donné ce texte.

J’ai très peur.

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Bienvenue en médiocracie – part.1

 

Sud Radio, la Minute du Coach

 

Pablo :  Bonjour Fabian!

Fabian :  Sus, Pablo ! Sus à la médiocrité !

Bienvenue sur Sur Radio, sous-titre : “Bienvenue en médiocratie“. C’est la thématique de la Minute du Coach de ce jour.
C’est quoi ? C’est une généralité, ça, la médiocratie?

Figure-toi Pablo, figurez-vous chers auditeurs, que ce sera carrément le thème des trois prochaines Minutes du Coach puisque j’ai exhumé 3 articles que j’avais écrits pour mon blog il y a quelques années. Je les ai trouvés encore assez bien d’actualité.

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Comment ne plus jamais travailler ?

 

Sud Radio, la Minute du Coach.

 

Pablo :  Bonjour Fabian.

Fabian :  Bonjour Pablo.

Voilà une émission qui va intéresser bon nombre d’entre vous.
Comment ne plus jamais travailler ?

Effectivement, les gens ne me croient pas quand j’en parle.
J’anime depuis quelques temps une conférence intitulée “Travailler moins et gagner plus : baguette magique ou simple logique ?”, alors évidemment, il y a une foule de “haters”, de “trolls” qui s’expriment en commentaires …

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Est-ce que vous voyez rouge ou bien bleu ?

 

Sud Radio, la Minute du Coach.

 

Pablo :  Bonjour Fabian !

Fabian :  Salut Pablo ! Salut à tous!

Nous volons avec les Aigles, chaque mardi, à cette heure-ci, sur Sud Radio ! Et aujourd’hui c’est une séquence plutôt colorée.
Est-ce que vous voyez rouge ou bien bleu ? Pourquoi rouge et bleu spécifiquement ?

Je vais vous l’expliquer à tous.

On n’aurait pas pu faire jaune et vert ?

Pas en l’occurrence. Ça me vient d’une stratégie en marketing qu’on appelle la stratégie “Océan Bleu” qui, pour le marketeur, correspond au graal suprême.

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Vous êtes débile

 

Sud Radio, la Minute du Coach.

 

Pablo :  Bonjour Fabian !

Fabian :  Bonjour Pablo ! Bonjour à tous !

Le thème d’aujourd’hui, c’est : “Vous êtes débile“. Merci beaucoup Fabian, merci d’être venu !

Je t’en prie, Pablo. Mais tu es débile et moi aussi d’ailleurs…

On l’est tous un peu.

Oui, tous ! On a tous des comportements parfaitement irrationnels.
Je peux illustrer cela avec quelques anecdotes, quelques exemples.
Je pense notamment à ce que mon ami Romain Bouvet m’a raconté. Romain, c’est un neuroscientifique de très haut vol, donc c’est quelqu’un qui, grâce à ses recherches, comprend de mieux en mieux comment notre cerveau fonctionne.
Et Romain n’arrête pas de nous dire, à nous marketeurs, vendeurs, que, finalement, ce que dit le client, ce que pense le client, on s’en fout ! C’est son cerveau qui nous intéresse.
Evidemment, entre ce que pense un client, ce que pense quiconque et son cerveau, il y a une différence notoire. Mais, pour le commun des mortels, mon cerveau est sous mon contrôle.
Pas du tout et je te donne un exemple.
C’est un bel exemple que Romain nous donne pour expliquer en quoi le cerveau peut presque fonctionner indépendamment de notre pensée.
Il dit : “Est-ce que vous aimez les rires préenregistrés dans les séries télévisées ?”
Si tu regardes encore Friends – ça m’étonnerait, tu dois tous les connaître par coeur – il y a des rires préenregistrés dans cette série, si je ne me trompe.

Personnellement, moi, je déteste ça.

Le monde entier, Pablo, déteste les rires préenregistrés !
Mais ton cerveau les adore ! Et ça, c’est prouvé.
Tout ça pour en arriver à vous expliquer en quoi nous sommes complètement débiles, je veux dire par là, pour être plus précis, irrationnels.
Je repense à une autre anecdote de Romain qui, un jour, lors d’une conférence, écoute des gens parler avec beaucoup de passion et d’enthousiasme, qui de son régime vegan, qui de son régime protéiné et chacun y va du dernier carat ajouté à son régime pour le rendre extrêmement performant. Puis, à la pause, tout ce petit monde se retrouve dehors, autour d’une cigarette…
Ça, ce sont des comportements débiles, complètement irrationnels, on y reviendra lors de plusieurs Minutes du Coach.
Ce que je voulais surtout aborder aujourd’hui, c’est une histoire. Est-ce qu’elle est vraie ou fausse, évidemment, je n’étais pas là pour vérifier. Mais elle me vient d’une source intéressante.
C’est une anecdote qui concerne Gengis Khan, que peut-être tu connais de nom. Gengis Khan, pour les uns, ce fût un chef de guerre sanguinaire pour toutes les populations…

Pour d’autres, c’est aussi une chanson de l’Eurovision 1977, je pense, c’était l’Allemagne.

Cette culture que tu as m’impressionne !

C’est le nom d’un groupe et d’une chanson.

Donc c’est quelqu’un qui est une figure légendaire et est entouré d’un très grand respect. En même temps, dans toutes les régions d’Asie qu’il a ravagées, il était considéré comme un conquérant impitoyable et sanguinaire.
Un jour, en plein tournant d’une bataille, son aide de camp le cherche et ne le trouve pas. Or, on a besoin de lui. On a besoin de sa science et surtout de sa décision. Il le cherche partout. Pas moyen de trouver Gengis Khan..
Soudain il a l’idée d’aller voir s’il se trouve, pourquoi pas, sous sa tente. Bingo ! Gengis Khan est sous sa tente, assis.
Et il lui dit : “Nous sommes en plein cœur de la bataille, nous avons besoin de vous”.
“Je suis en colère”, dit Gengis Khan, “je ne peux pas réfléchir quand je suis en colère”.
Ce que je veux exprimer par là, c’est qu’il tente d’apaiser son émotion forte, émotion dont on sait que plus elle est forte, moins elle va nous permettre d’être intelligent.

Pour prendre une décision rationnelle.

Pour prendre une décision la plus rationnelle qui soit.
Nous allons tendre vers la rationalité et activer ce que j’ai déjà nommé à ce micro le Système 2 – qui est la vitesse de pensée lente, rationnelle, coûteuse en énergie – et ne pas se laisser abuser par son Système 1, en l’occurrence, en tout cas, pour Gengis Khan, qui est la vitesse de pensée rapide, émotionnelle et qui fait qu’on commet énormément d’erreurs de jugement.

Et donc on est tributaire de ses émotions, forcément ?

Oui, mais la bonne nouvelle c’est que quand on sait qu’on en est tributaire, on peut se tenir à distance. Une distance d’Aigle, par exemple.
Laisser retomber le feu de la passion et alors seulement prendre une décision et Voler avec les Aigles.

Merci Fabian.

 

 

 

La triple menace psychologique

 

Sud Radio, la Minute du Coach.

Pablo :  Bonjour, Fabian.

Fabian :  Bonjour, Pablo.

Merci de nous suivre chaque semaine. La Minute du Coach, sur Sud Radio, pour voler avec les aigles, avec notre coach favori.
La triple menace psychologique”. C’est parti.

Oui, c’est parti, Pablo.
Quand on vend, on vend au cerveau.

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Et si c’était une question d’intensité ?

 

Sud Radio, la Minute du Coach.

Pablo :  Bonjour Fabian !

Fabian :  Bonjour Pablo ! Bonjour chers auditeurs !

Et si c’était une question d’intensité ?
La thématique de la Minute du Coach d’aujourd’hui.

Oui, parce qu’on a déjà abordé à maintes et maintes reprises la thématique de la vie réussie, de l’instant réussi, et souvent on pense que pour obtenir plus on devrait faire plus. Consacrer plus de temps par exemple. Et parfois, souvent même, il y a des pépites à nos pieds, mais nous ne les voyons pas parce que nous ne prenons pas le temps.

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Le meilleur conseil que vous recevrez jamais

 

Sud Radio, La Minute du Coach.

 

Pablo :  Vous êtes encore plus nombreux que d’habitude à nous suivre aujourd’hui, dans la Minute du Coach, puisque on vous a annoncé la thématique : “Le meilleur conseil que vous recevrez jamais”.
Quel est-il ? Une petite histoire d’abord ?

Fabian :  L’histoire, c’est celle d’un entretien avec Stephen Covey, un auteur américain qui compte énormément dans mon industrie, dans ma tribu.
Il s’appelle Stephen Covey et il a écrit, entre autres best-sellers, “Les 7 habitudes de ceux qui réalisent tout ce qu’ils entreprennent”.
Il a produit des dizaines de milliers de pages. Un jour, on lui a demandé : “Si vous deviez n’extraire qu’un seul conseil parmi toutes ces pages, ces milliers de pages, un seul conseil, lequel serait-ce, Monsieur Covey ?”.

Qu’a-t-il répondu ?

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