Bong sang, cessez de rêver

Le futur appartient à ceux qui croient à la beauté de leurs rêves. Ces mots sont d’Eleanor Roosevelt. « Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir et l’envie furieuse d’en réaliser quelques-uns. » Jacques Brel. Enfin, la plus jolie citation d’Oscar Wilde : « La sagesse c’est d’avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu’on les poursuit. »

Le monde applaudit à tout rompre. Les internautes s’échangent ces perles de sagesse à travers les médias sociaux. Moi-même, j’ai dû poster ces phrases en guise de statut sur Facebook.

La course des lévriers

Pourtant, à y regarder de près, Miller, Roosevelt, Brel, et dans une moindre mesure Wilde, ne nous disent rien d’autre que de nous comporter en lévriers. Vous avez déjà vu une course de lévriers ? Ils se précipitent derrière un leurre, une espèce de faux lapin qui, bien sûr, leur échappe sans quoi la course se terminerait trop vite. Dupe les chiens ? Pas sûr. La fin de la course n’est pas vaine, pas complètement.

Ils ne dévoreront jamais le dit faux lapin, mais recevront de la viande quand même, une autre viande, un autre gibier qu’ils auront cru chasser. Ainsi on trompe les chiens. Ainsi on s’assure de leur naïveté lors d’une course prochaine. Que demande le peuple ? Du pain et des jeux. Au moins les chiens mangent quelque chose.

Le rejet des rêves

Vraiment, cela vous intéresse de poursuivre un rêve assez grand et de crever avant de l’avoir touché ? Vraiment, allez-vous, allons-nous vivre la tête en l’air, le regard posé sur un horizon aussi lointain qu’improbable ? Vers des étoiles qui nous font miroiter un meilleur futur ? Vers des promesses ? Juste des promesses ? La seule promesse est notre finitude. Je ne veux pas mourir en poursuivant un rêve qui s’échappe, un rêve qui me nargue. Les rêves nous détournent du réel. Et oui, M. Miller, ils permettent de survivre, pas de vivre.

L’anecdote du Cours Florent

Lors de ma première année au Cours Florent, une école de théâtre parisienne, Valérie Nègre, notre professeur, nous a demandé à Jérôme et moi d’improviser une scène, l’angle : un tableau, les raboteurs. Emporté par je ne sais quelle rage, le mot n’est pas trop fort, je me suis alors levé et conspué ce Dieu auquel je ne crois plus depuis si longtemps. Je lui disais que je ne voulais pas que ma peau soit en lambeaux comme les copeaux de ce foutu parquet, que je ne voulais pas être à genoux, que je voulais vivre debout, crever debout, crever debout, t’entends ? Je veux crever debout ! Les derniers mots de ce monologue improvisé. Ma propre violence ce jour-là m’a sidéré. D’où venait cette rage désespérée ? Quand on crève, justement, on n’est pas debout, jamais. Pas plus que ce jour-là, je ne veux vivre à genoux, mais debout, devant la finitude, méconscient.

La conclusion

Mes rêves ? Je me contrefous de mes rêves. Réellement, qu’ils aillent au diable ou à Dieu, je ne veux pas du rêve. Le rêve c’est du néant, je veux du palpable, du vrai, de l’authentique. Je ne veux pas de néant avant le néant, je veux du réel avant le néant. Je veux des rêves mais avec des échéances. Et ça, ça s’appelle des projets. Les aigles ne rêvent pas, ils agissent et alors s’envolent. Que j’aimerais être comme ça. Bon vol avec eux les amis.

Merci beaucoup Fabien, à la semaine prochaine pour une autre Minute du Coach sur Sud Radio.

 

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