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De la mort

Bonjour Pablo !

Quand j’étais enfant, notre institutrice nous a expliqué le calendrier. Les jours, les semaines, les mois. Alors qu’elle nous parlait de décembre et de l’hiver, j’ai dit : « on va rapetisser et on va tous mourir. »

Quelques heures plus tard, elle pleurait dans les jupes de ma mère.

Elle ne comprenait pas.

A 5 ans… parler de la mort…

J’en avais si peur que mon père me rassurait en me disant que la science nous offrirait l’immortalité.

J’en avais si peur que je la regardais de plus en plus près.

La mort.

Sujet de mon travail de fin d’études secondaires.

La mort.

Sujet de mon mémoire à l’université.

La mort.

Sujet de mon dernier spectacle.

La mort.

Sujet de mes chansons. 

Mais qu’est-ce que la mort ?

Dans l’Encyclopédie Philosophique Universelle, Durand nous dit :

« La mort est l’arrêt complet et irrésistible des fonctions vitales. Mais en bioéthique, la question de la détermination du moment de la mort se pose !

En 1966, l’Académie de Médecine en France, a arrêté un nouveau critère : l’arrêt de la fonction cérébrale. Le cerveau seul donne à l’homme sa réalité. »

Quant aux philosophes, ils se sont évidemment penchés sur la question.

Selon Montaigne, philosopher, c’est apprendre à mourir. « Pour Platon, la vie du sage est méditation de la mort. Mais qui dit méditation de la mort dit aussi, comme Spinoza, méditation de la vie. Chez Hegel, l’une est condition de l’autre et, pour Freud, la pulsion de mort, thanatos, acquiert une dimension positive sur la vie psychique de l’homme. »

Quant à moi, comme Camus, je la trouve absurde. Si elle n’était pas, nous aurions tout le temps de nous tromper et de recommencer. À cause d’elle, chaque erreur est fatale. Nous jouons aux dés tout le temps.

Pourtant, notre chance est d’être ici et maintenant, de pouvoir dire que nous n’en avons pas. De pouvoir expérimenter, à chaque seconde, d’explorer, de découvrir, d’apprendre, de grandir. 

Alors, les mots du Stoïcien Sénèque frappent juste : « Ce n’est pas que nous ayons peu de temps, c’est que nous en perdons beaucoup. »

« Quand tu te lèves le matin, pense au précieux privilège que tu as d’être vivant, de respirer, de penser, de sentir, de toucher et d’aimer », dit Marc-Aurèle, un autre Stoïcien, dans ses « Pensées pour moi-même ».

« Un homme ne devrait pas craindre de mourir, mais plutôt de ne jamais commencer à vivre », ajoute-t-il.

Nous passons notre temps à nous plaindre que nous en manquons. 

Nous disons NON trop souvent. Non je ne veux pas vivre comme ça. Non je n’veux pas mourir.

Sans doute devrions-nous dire OUI à ce qui est plutôt que NON à ce qui ne sera pas. 

Mais quel sens a tout ça. Pourquoi c’est si bon d’être là et si insupportable ? Pourquoi allons-nous crever comme des rats ?

Tentative de réponse.

Quand vous mangez du bon pain, vous mettez des miettes partout.

Après une bonne nuit de sommeil, votre bouche est pâteuse, votre haleine fétide. 

Il y a toujours une monnaie à rendre.

Comme si la mort était la contrepartie de la vie, la monnaie qu’elle nous rend. Nous n’avons pas la vie. Nous sommes la vie. La mort est notre contrepartie.

Elle ne s’empare pas de la vie. Elle ne nous prend pas. Elle ne nous fauche pas. 

C’est nous qui nous emparons d’elle. 

Elle est là depuis toujours : un néant parfait. RIEN. Puisque le néant ne peut pas être.

Je vous imagine… morts… de rire ☺

Nous, humains, nous avons peur de la mort qui est néant et qui donc n’est pas.

Nous avons peur de quelque chose qui n’existe pas ! Comme un enfant du Père Fouettard ☺ 

Je l’admets, le Père Fouettard, au moins, a St Nicolas !

La mort ne nous a rien demandé.

Nous surgissons tout d’un coup, comme ça. Nous les vivants, tous les vivants, nous surgissons du néant. Nous nous emparons d’elle. Pas l’inverse. Jamais l’inverse. Elle ne nous avait rien demandé et boum : nous sommes là ! 

Tonitruant, hurlant, jouant, pleurnichant, créant, gesticulant, nous rebellant, nous amusant, râlant, grelottant. Mais nous sommes là alors qu’elle ne l’est même pas !

Nous nous emparons d’elle. Nous la mettons au tapis. Pendant quelques secondes, ou quelques années, mais nous la mettons au tapis !

Nous gagnons à chaque fois !

Certes, elle nous gobe comme des œufs trop frais mais avant d’être gobé, l’œuf aura eu le bonheur indicible d’être un œuf !

Le charisme tient en 2 mots : la présence et le rythme.

L’homme charismatique est ici et maintenant. Complètement présent. Hic et nunc.

Le rythme… ce sont les ruptures. Donc des silences aussi.

Présence et silence.

Une vie charismatique, c’est pareil : de la présence et du rythme. De la présence et des ruptures. Présence et absence. Présence et silence.

Mon morceau de musique préféré est le concerto n°20 pour piano de Mozart. 

Pourrais-je l’écouter sans discontinuer ? Le concerto n°20 pour piano de Mozart en mouvement perpétuel dans mes oreilles ?

Sûrement pas.

L’ultime rupture de ce concerto est un ultime silence. Sans ce silence, pas de concerto. Pas de Fabian Delahaut transporté par Mozart.

Je vomirais Mozart !

Comme je vomirais une vie infinie.

La mort est un panier percé de l’extérieur. Elle nous voit jaillir comme des diables d’une boîte.

Bon d’accord, nous sommes des fulgurances. Des étoiles filantes.

Vous préférez quoi : être la nuit qui accueille l’étoile ou l’étoile qui jaillit dans la nuit ? 

La nuit a peu d’intérêt sans l’étoile. L’étoile ne brille que dans la nuit. Même morte, elle brille encore…

La monnaie que la mort nous rend, c’est nous. Nous les vivants.

Nous donnons presque du sens à son néant.

Comment, concrètement, s’en sortir ? Au-delà des mots, des théories parfois abracadabrantesques ? 

Mettre de moins en moins d’enjeu et de plus en plus de jeu.

Le jeu c’est léger.

Le jeu c’est joyeux.

Ce qui est lourd, c’est n’est pas ce qui est. C’est ce que notre mental projette !

Ne traînons nos sabots, dansons.

Montaigne dit encore : « Quand je dors, je dors, quand je danse, je danse. » Ici et maintenant donc. J’ajoute : « Quand je vis, je vis. »

C’est justement parce que la mort n’est rien de grave, que tout est jeu, légèreté. 

Ce qui nous manque, ce n’est pas l’immortalité. Ce qui nous manque c’est d’être légers, joyeux, libres pendant la vie et être libre, c’est… se détacher.

Comme une montgolfière dont on largue les amarres : elle s’envole quand plus rien ne la retient.

Le moment sera le bon…

Bon Vol avec les Aigles !

De l’assertivité et de ses limites

Bonjour Pablo !

Une assertion est une affirmation, du Latin assertio.

To assert, en anglais, signifie « to declare with assurance ».

Vous le comprenez, être assertif, c’est s’affirmer. 

La définition que je préfère de l’assertivité est la suivante : « Je respecte mes droits et désirs, et je respecte tes droits et désirs. »

Le « je » ouvre le bal. Je dois donc apprendre à communiquer.

Quant au « tu », il me rappelle d’écouter l’autre avec empathie. Je dirais tendre vers l’empathie, qui nous échappe toujours déjà. A priori, je dois pouvoir m’identifier à autrui, éprouver ce qu’il éprouve. Mais voilà, je ne me sens pas autorisé à dire à un mourant que je suis en empathie avec lui. Je peux tendre vers… plus ou moins bien, plus ou moins loin…

Revenons à la définition de l’assertivité.

Si je respecte tes droits et désirs, je suis également à ton écoute, activement. Je fais fi de mon propre système de valeurs et de représentations. En tout cas, je tends vers. J’oublie mon propre modèle du monde. Je tends vers.

A l’instar du pompier arrivé sur le lieu d’un accident, je sécurise d’abord la zone. Autre image fort connue : les parents accompagnés de leur enfant dans un avion où, soudain, il est question d’utiliser son masque à oxygène, se l’appliquent d’abord à eux-mêmes. En déficit respiratoire, ils ne pourraient pas sauver ledit enfant.

En clair, l’assertivité commence par soi.

Idéalement, nous devrions être assertifs 80 ou 90% du temps.

Pourquoi pas 100% me direz-vous ?

L’assertivité se distingue de la passivité, de l’agressivité, de la manipulation et de la passivité-agressivité.

Quand la passivité consiste à prendre peu de place, l’agressivité, toute la place, la manipulation, toute la place maquillée, travestie, dissimulée, la passivité-agressivité, pas de place puis bien trop, comme un volcan passant, sans crier gare, du calme à l’éruption violente, l’assertivité, elle, renvoie à prendre sa juste place… tout en laissant la place à l’autre, voire en l’aidant à la prendre, en lui tendant la main.

Prendre sa place avec les mots, le regard, les gestes, le corps.

Attention : un comportement passif fait de vous une proie… qui attire le prédateur.

Dans certaines situations, ce comportement est salutaire. Si des individus cagoulés et armés veulent vous voler votre voiture, oubliez l’assertivité et soumettez-vous pour sauver votre peau. 

Dans certains cas, l’agressivité est la meilleure des réponses. Quand l’assertivité mêlée à la courtoisie est vaine, passez à la vitesse supérieure.

Je viens d’en vivre l’expérience avec ma voiture, neuve, restée 7 mois au garage pour cause de pannes successives. L’assertivité ne m’a mené à rien.

Pour ce qui est de la manipulation, entrez en politique et vous saurez vite à quel point elle peut vous servir. Par ailleurs, nous manipulons tous. Nos proches, nos enfants, nos collègues…

Il y a manipulation quand le destinataire ne connaît pas ou ne comprend pas les stratégies utilisées pour l’influencer. Notons que la mauvaise foi en est un autre critère.

Alors : quelle différence entre la manipulation et l’influence positive ? Exemple : « Mon enfant, si tu réussis tes examens, nous allons à Disneyland ! » La différence réside dans l’intentionnalité. 

Et quels sont les domaines de l’assertivité ?

Comptons-en 6 :

Le compliment : celui que j’offre et celui que je reçois.

Donnez-vous des compliments souvent et pas seulement à votre partenaire de vie ?

Dites-vous bravo plutôt que merci ? Le merci est davantage ciblé sur vous, le bravo, sur l’autre.

 

Recevez-vous facilement les compliments ou vous défendez-vous : oh non, ce n’est rien. Ou encore : tu exagères. 

 

La seule réponse ici : merci.

 

3e et 4e domaines :

 

La critique.

 

Délivrez-vous vos critiques avec respect, élégance et bienveillance ? En distinguant les faits de la personne ? Ou bien votre critique est-elle ad hominem, soit centrée sur la personne ? Au foot, on dirait : visez-vous le ballon ou la jambe ?

 

Êtes-vous capable d’accepter les critiques, au moins de les entendre ? Eventuellement de vous remettre en question ?

 

Enfin, les 5e et 6e domaines concernent la demande.

 

Osez-vous demander, quitte à essuyer un non, qui risque de ressembler, pour vous, à une blessure narcissique ? Oser demander : telle est la 1ère loi du succès… bien loin devant toutes les autres.

 

Et quand quelqu’un vous sollicite, êtes-vous en mesure de dire oui, ou peut-être… ou non ? Ah ce non si difficile à prononcer. Si je lui dis non, je risque le conflit ! Si je lui dis non, il risque de ne plus m’aimer…

 

Vous le comprenez, l’assertivité est le comportement le plus adapté à presque toutes les situations. Presque. Elle a ses limites.

 

Surtout, continuez de lire les grands auteurs pour élargir votre vocabulaire et ainsi communiquer avec finesse et subtilité. L’assertivité, c’est aussi ça. Et moins il y a de vocabulaire, plus il y a de violence. À défaut du mot, je m’empare de la batte de base-ball. 

 

Surtout, continuez d’être curieux des autres. Gourmands de leurs histoires, de leurs idées, de leurs pensées. 

 

Surtout, rappelez-vous qu’à défaut d’être assertifs, vous pouvez faire comme si vous l’étiez. Plus vous ferez comme si, plus vous le deviendrez.

 

Plus vous Volerez… avec les Aigles.

De la sagesse

Bonjour Pablo !

Es-tu sage, Pablo ?

Et d’abord, qu’est-ce que la sagesse ? Qu’est-ce qu’être sage ?

Du grec sophia et du latin sapientia, la sagesse signifie la connaissance. Pour Platon et Aristote, la sophia est le terme ultime de la connaissance.

Descartes et Leibniz vont aussi dans ce sens : le mot sagesse est relatif à la connaissance de toutes choses, pour conduire sa vie, conserver sa santé, et pour l’invention de tous les arts.

Quant au sens commun du mot sagesse, nous l’entendons le plus souvent tel que les Stoïciens et les Epicuriens le définissaient : se délivrer de ses craintes, de ses angoisses, de la mort, par la connaissance de la nature des choses.

On y revient : connaître pour être sage.

La sagesse devient alors la vertu de celui que rien n’affecte, qui maîtrise ses sentiments, ses passions.

Il s’agit de la pratique de l’ataraxie, du grec ataraxia. Absence d’agitation, paix de l’âme, tranquillité de l’esprit.

Épicure faisait bombance… avec un morceau de fromage ! Un quignon de pain et un peu d’eau suffisaient. Il distinguait les désirs naturels et nécessaires comme s’alimenter ou dormir, des désirs naturels mais non nécessaires, comme la sexualité, des désirs ni naturels ni nécessaires. Les honneurs par exemple. La gloire.

Il se retourne sûrement dans sa tombe chaque fois que quelqu’un se déclare épicurien, donc jouisseur sans mesure et sans entrave. Ce quelqu’un doit confondre l’épicurisme avec l’hédonisme, doctrine qui définit le plaisir comme souverain bien de l’homme.

Plus près de nous, beaucoup plus près (!), André Comte Sponville livre une savoureuse définition du sage.

« Le sage, dit-il, regrette un peu moins, espère un peu moins, et aime un peu plus. »

Explorons son propos.

Regretter un peu moins, c’est ne pas se repaître du passé. Vaine attitude.

Espérer un peu moins, c’est éviter l’attente qui, le plus souvent, est passive, déçue, et mène à la tristesse.

La béatitude n’est pas là. Elle est dans l’ici, dans le maintenant, dans l’amour de ce qui est. Aimer un peu plus donc. Amor fati dirait Nietzsche, je l’ai déjà cité à ce micro.

Ainsi, la sagesse serait avant tout connaissance. Sapere aude dit Kant, empruntant la formule à Horace : ose savoir.

Le sens commun renvoie donc à l’ascétisme tel que pratiqué par les stoïciens, les épicuriens, toute une tradition dans la Grèce Antique.

De l’enfant sage, on dira qu’il l’est comme une image. Il y a aussi le fameux : « Qu’est-ce qu’il est sage, on ne l’entend pas ! » Et chacun de s’en enorgueillir. 

Immobile, l’enfant sage se garde bien de pleurer, de crier.

L’enfant pas sage veut tout tout de suite. Il veut le monde. Il en est le centre. Il est presque incontrôlable. Je vous rassure, cela m’ennuie aussi. 

Mais à y bien songer, l’enfant sage est comme le citoyen sage… et ignorant. Le gouvernant s’en frotte les mains. Pas de rébellion. 

Alors oui : approfondissons nos connaissances. Libérons-nous en devenant des sachants. Libérons-nous de notre déterminisme par la connaissance, ajouterait sans doute Spinoza. Savoir que l’on n’est pas libre, c’est le devenir un peu. 

Pour ce qui me concerne, augmenter mon savoir est une réelle priorité. La connaissance, telle est mon hypothèse, est notre plus grande richesse.

L’ascétisme, l’ataraxie, l’absence de trouble, ne m’intéressent guère. Ou peu.

Je veux aimer plus, comme Comte Sponville, embrasser la vie et le monde.

Je veux du vent, de la grêle, des tempêtes, des pics, des creux, des folies, des brûlures, du repos, de l’ennui, du noir et du gris. Je veux un corps chahuté qui existe pleinement et me le fait savoir. Un cerveau en ébullition. Des émotions. Toutes les émotions. Car toutes sont bonnes. Toutes ont une fonction. Je veux des autoroutes et des pistes de sable, des repas pantagruéliques et des jeunes intermittents, des bains d’eau tiède et des douches glacées, des sommeils et des nuits de veille. Des clartés et des noirceurs. Des aurores boréales, des trèfles à quatre feuilles, toutes les couleurs des arcs-en-ciel. 

Je veux jouir.

Il n’est que temps de jouir. 

Engloutissons l’air qui nous entoure. Célébrons la terre et le soleil, la mer et le sel, chaque saison, chaque instant. 

Réussir sa vie, ça doit être cela : réussir l’instant. Puis l’instant. Puis l’instant. 

« Les raisonnables ont duré, a dit Chamfort, les passionnés, ont vécu. »

Et si nous étions déraisonnables ?

Et si les vrais fous étaient justement ceux qui ne le sont pas ?

Et si les vrais sages étaient justement ceux qui ne le sont pas ?

 

Bon Vol avec les Aigles, les amis. Bon Vol sur les cimes où seuls nous dansons.

De l’identité

Bonjour Pablo !

« Je veux être authentique et aligné, en accord avec mes valeurs, mon identité propre. » 

Ces mots, vous les avez déjà entendus. Peut-être proférés. Moi aussi.

Et si nous les employions parfois à tort, parfois à travers. De travers. Sans vraiment réfléchir à leur sens, à ce qu’ils nous dictent, voire nous asservissent.

Ayons d’abord recours à l’étymologie, souvent éclairante.

« Authenticité : provient du latin « authenticus » qui provient lui-même du grec ancien                      « authentikós » qui correspond à : se détermine par sa propre autorité.

Alignement : Cette expression fait référence à la construction d’un mur effectuée en faisant constamment usage du cordeau. Elle est composée du mot “dresser”, utilisé au sens de “tirer un mur, le construire”, et de la locution “d’alignement”, le cordeau étant un outil d’alignement.

Identité : Emprunté du bas latin identitas, « qualité de ce qui est le même », dérivé du latin classique idem, « le même ». »

Et vous ?

Voulez-vous vous déterminer par votre propre autorité ? Sans tenir compte du monde qui vous entoure ? Voulez-vous être aussi rigide et froid qu’un mur ? Voulez-vous rester « le même », quelles que soient les circonstances ? Sans adaptation à l’autre, au contexte, au changement. Permanent. Héraclite, selon sa célèbre formule, dirait qu’un homme ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve. J’ajoute que ce n’est jamais le même homme qui se baigne toujours dans un fleuve différent et qu’il adapte sûrement sa nage aux différents courants.

Voyons maintenant ce qu’en disent les philosophes et, une fois n’est pas coutume, donnons la première parole à un contemporain, Harmut Rosa, sociologue et philosophe allemand. 

C’est dans un numéro de Philosophie Magazine, dont je m’inspire parfois, les auditeurs fidèles l’auront remarqué, qu’il cite Bourdieu. Il a bien montré, explique Rosa, qu’il y a  «  une part d’imitation et de pression sociale dans les jugements de goût. »

Vous avez dit authenticité ?

« Nos idées et nos principes doivent s’adapter, dit Rosa. Sans quoi nous devenons une personne morte ou fanatique… ou disons peu agréable.

Quant à l’authenticité, elle signifie non seulement décider sans contrainte extérieure mais aussi choisir ce qui est bon pour moi, ce qui me correspond. » 

Quid de notre altruisme ? Quid de notre condition sociale, de notre rapport à l’autre ?

« Le problème avec l’authenticité, dit encore Rosa, est qu’elle renvoie à un noyau interne, à une identité à laquelle je dois être fidèle. Or une telle identité n’existe pas. Nous sommes des personnes différentes selon les contextes et à travers le temps. » 

Jean-Paul Sartre l’illustre bien dans « L’être et le néant » quand il évoque le garçon de café qui joue à être garçon de café, qui reste fidèle à son identité de garçon de café.

Je le cite : « Considérons ce garçon de café. Il a le geste vif et appuyé, un peu trop précis, un peu trop rapide, il vient vers les consommateurs d’un pas un peu trop vif, il s’incline avec un peu trop d’empressement, sa voix, ses yeux expriment un intérêt un peu trop plein de sollicitude pour la commande du client, enfin le voilà qui revient, en essayant d’imiter dans sa démarche la rigueur inflexible d’on ne sait quel automate tout en portant son plateau avec une sorte de témérité de funambule, en le mettant dans un équilibre perpétuellement instable et perpétuellement rompu, qu’il rétablit perpétuellement d’un mouvement léger du bras et de la main. »

Jouer à être qui on est censé être. Rester fidèle à l’image que l’on renvoie. À l’image que l’on veut renvoyer. 

Jouer différents rôles et renvoyer différentes images ?

Et vous ? Jouez-vous l’image de la mère ? Du fils ? De l’amie ? Du collègue ?

Vous avez dit authenticité ? Vous avez dit identité ?

« Être sans cesse en contradiction avec soi n’est pas tenable, reprend Harmut Rosa, mais l’harmonie complète n’est pas possible non plus. C’est le pont tendu entre la contradiction et l’accord qui donne de la valeur à la vie et la fait résonner.

Nous avançons avec une armure. Nous ne nous livrons jamais totalement.

De même, dans une relation de couple, vous ne pouvez jamais savoir si vous connaissez parfaitement votre partenaire, même si vous êtes mariés depuis longtemps, ou s’il pourrait vous quitter. Si vous pensez tout savoir, c’est que la relation est éteinte. 

Selon Emerson, avoir confiance en soi consiste à être pleinement soi en chaque instant, quitte à se montrer incohérent sur la durée. »

Soyons pleinement nous, les amis !

Bon Vol avec les Aigles !

 

Du Suicide

Bonjour Pablo !

Quand une amie, un ami, vous dit dans le blanc des yeux qu’elle ou il veut se suicider, vous êtes coi. En tout cas, je l’ai été.

Que répondre qui ne soit ni banal, ni trivial, ni creux.

Qu’elle ou il a le droit de faire ce qu’elle ou il veut de sa vie, son corps. Communication paradoxale ?

Qu’elle ou il a des enfants, qu’on ne fait pas ça à ses enfants. Ni à ses amis. En ajoutant : « Je suis là pour toi. »

Ou bien l’écouter. Seulement l’écouter. Tendre le plus possible vers l’empathie. 

Dans une interview sur une station concurrente, Étienne Daho a dit qu’il préférait être compris qu’être aimé. 

Alors : comprendre ?

Je ne suis pas sûr d’avoir eu le bon réflexe.

Aussi, en espérant que cette Minute inspire chacune, chacun, c’est à cette amie ou cet ami que je la dédie. Si toutefois elle ou il l’écoute. Avec le recul, la distance, mes mots peut-être seront plus justes. J’écris cela du bout des doigts car quand l’idée du suicide vous est chevillée au corps et à l’âme, elle s’y accroche comme une moule à un rocher. Plus rien d’autre ne compte. Il n’y a plus d’autre horizon. La mouche se cogne aux parois de verre. Dès qu’elle aura compris qu’elle peut s’échapper d’où elle est venue, par le haut, elle fuira. Nous provenons du néant. Nous y retournons. Le chemin de la provenance est aussi celui du départ, comme un retour. J’étais – si je puis dire – non-être, je le redeviens.

Qu’est-ce qui peut donc alimenter la pensée du suicide ?

Pascal offre une réponse.

Pascal pense que même celui qui se suicide, cherche le bonheur. Je le cite : « Tous les hommes cherchent le bonheur, même ceux qui vont se pendre. »

Pour Camus, « Il n’y a qu’un problème philosophique vraiment sérieux : c’est le suicide. » Il poursuit : « Juger que la vie vaut ou ne vaut pas la peine d’être vécue, c’est répondre à la question fondamentale de la philosophie. »

Camus est un philosophe de l’absurde. Or, dans un monde absurde, où rien n’est utile et rien n’a de sens, on ne peut que s’interroger sur l’intérêt de rester en vie.

Emil Cioran, penseur roumain, a écrit de nombreux livres autour de la vie et de son aberration, de la mort. Il m’a poursuivi longtemps. Les titres de ses essais sont redoutables : « De l’inconvénient d’être né », « Précis de décomposition », « Sur les cimes du désespoir ». Dans « De l’inconvénient d’être né », l’un de ses aphorismes m’a particulièrement marqué : « Avoir commis tous les crimes, hormis celui d’être père. »

Mais revenons à Camus, dont le livre, « Le mythe de Sisyphe », m’a proprement bouleversé.

Sisyphe a été condamné par les dieux à pousser un rocher tout en haut d’une montagne. Mais le rocher retombe. Sisyphe redescend et le remonte. Indéfiniment. 

« C’est pendant ce retour, cette pause, que Sisyphe m’intéresse, écrit Camus. Un visage qui peine si près des pierres est déjà pierre lui-même ! Je vois cet homme redescendre d’un pas lourd mais égal vers le tourment dont il ne connaîtra pas la fin ». 

Éloignons-nous de Sisyphe. Ou plutôt, offrons-lui une option nouvelle : le point de bascule.

Le point de bascule, c’est quand vous franchissez une étape. L’eau ne bouillait pas. Elle ne lassait pas de ne pas bouillir. Vous étiez au bord de renoncer à vos tagliatelles carbonara. Au bord d’abandonner. « Il n’y a pas d’échec, m’a un jour dit un homme rencontré fortuitement à la terrasse d’un café, à Liège. Il n’y a que des abandons. »

Imaginons donc Sisyphe, galvanisé par « notre » point de bascule. Et s’il poussait son rocher quelques mètres de plus ? Juste quelques mètres. Rien qu’un effort de plus. 

Et si, de l’autre côté du point culminant de la montagne, la vie était plus douce, plus légère, plus harmonieuse.

Nous savons bien sûr que ce n’est pas le cas.

Que l’absurde perdurera.

En revanche, mon regard sur lui, de l’autre côté de la montagne, peut changer. L’absurde n’est absurde que parce que je le qualifie comme tel.

À l’échelle de l’univers, une vie d’homme est à peine un claquement de doigts. Une furtivité. Pas même un souffle.

Est-ce que ça ne vaut pas le coup d’aller fureter de l’autre côté de la montagne ? Qu’avons-nous à y perdre ? Un claquement de doigts. Un zeste d’existence.

Se suicider. Fort bien. Mais n’est-ce pas toujours déjà trop tard ? Je suis entré dans un musée. Il me reste une allée à explorer. Jusqu’à présent, je me suis ennuyé. Vais-je pour autant rebrousser chemin ? Et si l’ultime allée était un ravissement ? 

Se suicider. Pourquoi pas ? Mais un instant, un seul, qui vous enivre, suffit à justifier des années à pousser un rocher. Demandez donc à Sisyphe. Je gage qu’il serait d’accord avec moi.

Bon Vol avec les Aigles !

 

Du Courage

Bonjour Pablo !

S’il y a bien une vertu sur laquelle je m’interroge depuis longtemps, c’est le courage.

« Du Latin « cor », cœur, et du suffixe « age ». Le suffixe indique l’action du verbe. Il s’agirait donc ici de l’action d’avoir du cœur, d’agir avec cœur ?

Le courage est une vertu cardinale dit Platon, soit qui joue un rôle charnière, une disposition naturelle qui ne se décrète pas.

Vertu qui s’apprend dit Aristote, située entre la couardise et la témérité.

Une discipline, selon Sénèque.

Quant à Cynthia Fleury, philosophe contemporaine, elle dit qu’il s’agit toujours d’une expérience concrète. « Assumer le réel sans s’y soumettre. »

Dans un excellent dialogue entre elle et François Crémieux, à retrouver dans le Philosophie Magasine de mai 2022, François Crémieux dit que les plus courageux sont d’abord les mieux formés, « préparés à affronter des situations exceptionnelles. » « Être courageux, dit-il encore, c’est d’abord « se sauver soi-même. On se déconstruit en esquivant le courage. Les moments de lâcheté nous hantent bien plus que les moments de courage. » 

Et si nous devions aussi avoir le courage de nos lâchetés ? Le courage de courber l’échine, de s’humilier, pour sauver sa peau ?

Et Cynthia Fleury de citer Pasteur : « Le hasard ne favorise que les esprits préparés. »

Parfois, j’ai l’impression que le courage n’existe pas. Je suis jeune soldat. Mon pays est en guerre. Je pars au front. Sans choix. Courage obligé ?

Ou bien.

Un enfant traverse la rue sans regarder. Une voiture survient. Je me jette sur lui pour lui sauver la vie au risque de perdre la mienne. Courage réflexe ?

D’ailleurs, si on me qualifie de héros, je répondrai que ce j’ai fait est normal, que chacun aurait fait la même chose. 

Peut-être le courage existe-t-il dès lors que l’acte posé est dangereux pour nous, pour ce que nous voulons pour nous, et qu’il est totalement désintéressé ? Et s’il y avait un intérêt à être désintéressé ? 

Et puis, je découvre une élève (J’adore ce mot qui rappelle la véritable mission d’un enseignant, d’un formateur.) une élève qui, face à une peur immense mais déterminée, la combat durant des mois. Des mois de boule au ventre. Des mois à être proche de reculer, de faire demi-tour. Quel courage !

La détermination paie. La peur s’amenuise. La passion naît. Elle surmonte tous les obstacles. 

Je suis alors admiratif. Ébaubi. Touché aussi, voire très ému.

C’est si beau de voir une personne s’élever, qu’on en soit à l’origine ou non.

Bon Vol avec les Aigles ! 

 

Mes voeux pour toi, pour vous

Il n’y a pas de haut sans bas, pas de chaud sans froid… pas de moi… sans toi.

Je vous souhaite des joies immenses, des colères, de l’eau douce et de l’eau de mer, de longs moments à ne rien faire, ne rien faire c’est toute une affaire, et d’être pleinement vous, dans les tempêtes, debout, de grandes peurs pour de grands courages, je vous souhaite même la rage, et puis des apaisements, des sommeils lourds, des rêves ardents, des envolées et des piqués, et force et sagesse et beauté, des réveils doux et plus légers, des lectures qui vous ébouriffent, d’être calmement excessifs, de retrouver des êtres chers, dont l’absence était un désert, de ceux qui vous marquent la chair, des personnes rares et magnifiques, qui soufflent un bout de Paradis, quand chaque instant devient unique, avec un parfum d’infini.

Des aubes blanches, des nuits plus noires, des heures roses, des jours plus clairs, des midis pleins, de jolis soirs, des mots qui osent, de vrais hivers, des printemps fleurs, saisons vivantes, et mille passions rougeoyantes, et des myriades de baisers, tantôt si forts qu’ils ont la fièvre, tantôt déposés, picorés, et des rêves, toujours des rêves, de ces rêves si jolis, quand patiemment on les poursuit, qui fabriquent les jolies vies, des terres profondes, des pluies qui dansent, des terres fécondes, des ciels oranges, des vents qui chantent, des ciels de feu, des océans encore plus bleus.

Et puisqu’elle crée les matins, que sans elle tout est gris et vain, et puisque tout se désespère, et que sans elle, il n’y a rien, puisqu’elle est notre ultime repère, car seule elle brille dans l’univers, je vous souhaite…

La Lumière.

 

De l’Amour

Bonjour Pablo !

Revenons-y, revenons-y encore, revenons-y toujours. Car il n’y a que lui : l’amour. De la vie et de tout ce qu’il peut y avoir dedans qui nous remplit. De l’autre, bien sûr, qui nous remplit aussi. Est sensé nous remplir. Que nous remplissons. Sensément. 

« Si on me presse de dire pourquoi je l’aimais, dit Montaigne en évoquant Etienne de La Boétie dans ses Essais, je sens que cela ne se peut exprimer qu’en répondant : « Parce que c’était lui ; parce que c’était moi. » 

Quant à Victor Hugo, le plus grand drame de sa vie, fut sans doute de perdre sa fille, Léopoldine.

On sait peu qu’il pratiquait le spiritisme.

Lors d’un échange avec sa fille décédée, il lui demande :

    • Es-tu heureuse ? 
    • Oui, répond Léopoldine
  • Où es-tu ?
    • Lumière, répond-elle
  • Que me faut-il pour aller à toi ?
  • Aimer.

« Et je sais, dit Maria Casarès dans une lettre à Albert Camus, que si court soit-il, si menacé ou si fragile, il y a un bonheur prêt pour nous deux si nous étendons la main. Mais il faut étendre la main.

Ne me quitte pas, je n’imagine rien de pire que de te perdre. Qu’est-ce que je ferais maintenant sans ce visage où tout me bouleverse, cette voix et aussi ce corps contre moi ?

Toi et moi nous nous sommes jusqu’ici rencontrés et aimés dans la fièvre, l’impatience ou le péril. Je n’en regrette rien et les jours que je viens de vivre me semblent suffisants pour justifier une vie. » 

André Comte Sponville, dans son « Petit traité des grandes vertus », nous éclaire. Je m’en inspire beaucoup ici.

Dans « Le banquet », Platon, dit-il, met dans la bouche de Socrate, les mots d’une femme : Diotime.

Que dit-elle de l’amour ?

« Tout amour est amour de quelque chose, qu’il désire et qui lui manque. »

Aristophane n’a rien compris. 

Je cite Platon qui cite Aristophane :

« Quand un homme, qu’il soit attiré par les garçons ou par les femmes, rencontre celui-là même qui est sa moitié, c’est un prodige que les transports de tendresse, de confiance et d’amour dont ils sont saisis. Ils ne voudraient plus se séparer, ne fût-ce qu’un instant… [Chacun d’eux désire] se réunir et se fondre avec l’objet aimé, et ne plus faire qu’un au lieu de deux. » 

Selon Aristophane, jadis, nous étions un. Les mâles, qui deviendraient des homosexuels hommes, avaient deux sexes d’homme, les femelles, qui deviendraient des homosexuelles femmes, deux sexes de femmes, les androgynes, qui deviendraient des hétérosexuels, l’un et l’autre.

Comte Sponville poursuit :

« Forts et vaillants, ils tentèrent d’escalader le ciel pour combattre les dieux. Zeus, pour les punir, les coupa en deux. »

Fini la complétude, l’unité, le bonheur.

On le voit, « le mythe d’Aristophane donne raison au mythe de l’amour, à l’amour tel qu’on le parle, tel qu’on le rêve, tel qu’on y croit. Chacun, depuis, cherche sa moitié. »

Aristophane n’a rien compris. 

Comte-Sponville le tacle.

« L’amour n’est pas complétude mais incomplétude. Non fusion, mais quête. Non perfection comblée, mais pauvreté dévorante. L’amour est le désir et le désir est manque.

L’amour, écrit Platon, « aime ce dont il manque, et qu’il ne possède pas. »

De là la grande souffrance de l’amour, tant que le manque domine. Et la grande tristesse des couples, quand il ne domine plus… 

Au sujet du couple d’ailleurs, quelle plus atroce expression que celle de devoir conjugal ?

Manque comblé encore. Le devoir a succédé à la passion.

Iseult n’a pu rester amoureuse que grâce à cette épée qui la séparait de Tristan et du bonheur. Tristan et Iseult, dit Denis de Rougemont, ont besoin l’un de l’autre pour brûler, mais non de l’autre tel qu’il est ; et non de la présence de l’autre, mais bien de son absence. L’épée est salutaire.

Être amoureux, qu’est-ce d’autre que se faire un certain nombre d’illusions sur l’amour, sur soi-même ou sur la personne dont on est amoureux.

L’amour, s’il naît de la sexualité, comme le veut Freud, ne saurait s’y réduire. »

Peut-on aimer sans désirer. Sans doute. Peut-on désirer sans aimer. Sans doute.

« Mais l’amour ne se commande pas puisque c’est l’amour qui commande. » La séduction n’est pas un choix. L’amour non plus.

Que faire alors ? Comment s’y prendre ?

Si l’amour est feu, tard ou tôt, il s’éteindra. À moins que vous ne souffliez sur les braises, ce qui commande un effort.

Dans Humain, trop humain, Nietzsche nous dit : « Qu’est-ce que l’amour, sinon comprendre et se réjouir que quelqu’un d’autre vit, agit et sent d’une manière différente de la nôtre, et opposée à celle-ci ? Pour que l’amour unisse les contraires dans la joie, il ne faut pas qu’il les supprime et les nie. » 

Aimer l’autre, c’est l’aimer avec toute sa complexité. Avec ses excellences, ses beautés, ses failles. 

C’est beau les failles, chez un être humain, c’est par là que pénètre la lumière.

Mais sommes-nous assez lucides pour nous en apercevoir ? Pour l’accepter ? Mieux : embrasser ces failles, donc ces beautés, avec ferveur ?

Lucides ? « La lucidité, dit René Chars, est la blessure la plus proche du soleil. » Qui donc veut regarder le soleil en face ? Plutôt s’en détourner. Vérifier qu’une autre, qu’un autre, sera dénué de toute faille. Et elle ou il le sera. Le temps d’un soupir. D’une passion brûlante comme une feuille de papier dans l’âtre. Une fugacité. Un presque rien. Et quoi ? Nous allons donc voguer de feux éphémères en feux éphémères ? À défaut d’être lucides ?

S’aimer et vivre ensemble, risquer de combler le manque et subséquemment de tuer l’amour, commandera aussi de comprendre le mode d’emploi de l’autre, de s’y adapter du mieux que l’on peut. Qu’idéalement, la démarche soit réciproque.

Ne projetons pas nos désirs, nos fantasmes. Acceptons l’autre dans sa singularité et nourrissons-nous en. Grandissons de ces différences. 

Il faut aimer l’amour ou n’aimer rien, aimer l’amour ou se perdre.

Aimer à l’infinitif, avec un point. Car après l’amour, c’est définitif, il n’y a plus rien.

Mais la rupture guette. Le chagrin est tapi dans son ombre et n’attend que de s’emparer de vous, de vous anéantir, si vous êtes fragile, ou dupe, on non armé.

Il paraît que l’on se remet de tout. Peut-être. Mais, comme le dit Stanislaw Jerzy Lec, « Les blessures cicatrisent et les cicatrices continuent de grandir avec nous. » 

Des jours, des mois, des années parfois. Une vie toute entière.

Parmi les questions que vous vous posez alors, l’une d’elle retient l’attention : nous sommes-nous aimés de la même façon, avec la même fièvre, la même force, la même intention ?

Sûrement pas…

Alors, les vers de Jean-Jacques Goldman, dans son ultime album, « Chansons pour les pieds », reviennent, lancinants. Le titre : « Je voudrais vous revoir »

« Nous vivions du temps, de son air

Arrogants comme sont les amants

Nous avions l’orgueil ordinaire

Du nous deux, c’est différent

Tout nous semblait normal

Nos vies seraient un bal

Les jolies danses sont rares

On l’apprend plus tard… » 

 

Les jolies danses sont rares.

Les jolies danses sont rares.

 

Vivons intensément, les amis. Vivons intensément. Aimons intensément. Mourons intensément.

 

Bon Vol avec les Aigles.

 

 

Une technique en 4 étapes pour écouter

Une technique en 4 étapes pour mieux écouter

Vous avez certainement entendu dire que les meilleurs vendeurs sont ceux qui ont de l’empathie et qui sont à l’écoute. Mais en réalité, c’est faux ! Les meilleurs vendeurs sont souvent des psychopathes qui appliquent strictement les techniques de vente sans se soucier d’empathie. Ce n’est pas très réjouissant à entendre, mais c’est malheureusement la dure vérité.

Cela ne veut pas dire pour autant que nous devons devenir des psychopathes nous-mêmes pour bien écouter les autres. Au contraire, être réellement à l’écoute est une qualité précieuse qui nous permet de mieux comprendre notre interlocuteur.

Pour y arriver, je vous propose une technique en 4 étapes que j’ai baptisée “ERIC” :

**É**couter
Réellement écouter l’autre sans penser à votre réponse. Le regarder, avoir une posture ouverte, opiner du chef et sourire pour l’encourager à s’exprimer. Ne pas le couper sauf s’il a un flot de paroles incontrôlable.

**R**eeformuler
Une fois qu’il a terminé, laisser un bref silence puis reformuler ce que vous avez compris avec une phrase comme “Si je te comprends bien Pablo, …”. Terminezpar une interrogation du type “c’est bien ça ?” pour lui permettre de rectifier ou d’apporter des précisions.

**I**nterroger
Poser des questions ouvertes et neutres pour obtenir plus de détails sur les points que vous n’avez pas bien saisis. Rester curieux et ouvert, sans jugement.

**C**onclure
Une fois que vous avez tout bien compris, vous pouvez alors donner votre avis si nécessaire.

Cette technique contraste avec la plupart des conversations de comptoir où l’on s’interrompt constamment sans vraiment écouter l’autre. À l’image des bons journalistes, apprendre à bien écouter est un véritable atout dans la vie personnelle comme professionnelle. Alors n’hésitez pas à mettre en pratique la méthode ERIC dès aujourd’hui !

 

 

Voler plus Haut

Pourquoi ai-je créé la Eagle Academy, l’académie des Aigles ? Parce que la métaphore de l’aigle est tellement belle et inspirante. L’aigle est cet oiseau qui déploie les plus grands efforts pour s’envoler, mais qui ensuite plane majestueux avec un minimum d’efforts une fois dans les airs.

Bien souvent seul, l’aigle est capable de focaliser son attention tout en gardant une vue d’ensemble sur le paysage environnant. Il est beau, majestueux, noble. Et la vie m’a appris qu’il faut toujours viser à voler plus haut – plus haut que la jalousie, la douleur, la méchanceté et les larmes. Plus haut que les jugements.

Il faut voler si haut qu’aucun mot blessant, aucun geste malveillant ne puisse vous atteindre. Si haut que certaines personnes négatives ne pourront jamais vous rejoindre.

Mes amis, il est plus que jamais temps de déployer vos ailes et de voler plus haut. Être un aigle, c’est ça ! Rejoignez-moi à la Eagle Academy pour embrasser pleinement l’esprit de cet oiseau majestueux et transcender les défis pour atteindre de nouveaux sommets.