De l’assertivité et de ses limites

Bonjour Pablo !

Une assertion est une affirmation, du Latin assertio.

To assert, en anglais, signifie « to declare with assurance ».

Vous le comprenez, être assertif, c’est s’affirmer. 

La définition que je préfère de l’assertivité est la suivante : « Je respecte mes droits et désirs, et je respecte tes droits et désirs. »

Le « je » ouvre le bal. Je dois donc apprendre à communiquer.

Quant au « tu », il me rappelle d’écouter l’autre avec empathie. Je dirais tendre vers l’empathie, qui nous échappe toujours déjà. A priori, je dois pouvoir m’identifier à autrui, éprouver ce qu’il éprouve. Mais voilà, je ne me sens pas autorisé à dire à un mourant que je suis en empathie avec lui. Je peux tendre vers… plus ou moins bien, plus ou moins loin…

Revenons à la définition de l’assertivité.

Si je respecte tes droits et désirs, je suis également à ton écoute, activement. Je fais fi de mon propre système de valeurs et de représentations. En tout cas, je tends vers. J’oublie mon propre modèle du monde. Je tends vers.

A l’instar du pompier arrivé sur le lieu d’un accident, je sécurise d’abord la zone. Autre image fort connue : les parents accompagnés de leur enfant dans un avion où, soudain, il est question d’utiliser son masque à oxygène, se l’appliquent d’abord à eux-mêmes. En déficit respiratoire, ils ne pourraient pas sauver ledit enfant.

En clair, l’assertivité commence par soi.

Idéalement, nous devrions être assertifs 80 ou 90% du temps.

Pourquoi pas 100% me direz-vous ?

L’assertivité se distingue de la passivité, de l’agressivité, de la manipulation et de la passivité-agressivité.

Quand la passivité consiste à prendre peu de place, l’agressivité, toute la place, la manipulation, toute la place maquillée, travestie, dissimulée, la passivité-agressivité, pas de place puis bien trop, comme un volcan passant, sans crier gare, du calme à l’éruption violente, l’assertivité, elle, renvoie à prendre sa juste place… tout en laissant la place à l’autre, voire en l’aidant à la prendre, en lui tendant la main.

Prendre sa place avec les mots, le regard, les gestes, le corps.

Attention : un comportement passif fait de vous une proie… qui attire le prédateur.

Dans certaines situations, ce comportement est salutaire. Si des individus cagoulés et armés veulent vous voler votre voiture, oubliez l’assertivité et soumettez-vous pour sauver votre peau. 

Dans certains cas, l’agressivité est la meilleure des réponses. Quand l’assertivité mêlée à la courtoisie est vaine, passez à la vitesse supérieure.

Je viens d’en vivre l’expérience avec ma voiture, neuve, restée 7 mois au garage pour cause de pannes successives. L’assertivité ne m’a mené à rien.

Pour ce qui est de la manipulation, entrez en politique et vous saurez vite à quel point elle peut vous servir. Par ailleurs, nous manipulons tous. Nos proches, nos enfants, nos collègues…

Il y a manipulation quand le destinataire ne connaît pas ou ne comprend pas les stratégies utilisées pour l’influencer. Notons que la mauvaise foi en est un autre critère.

Alors : quelle différence entre la manipulation et l’influence positive ? Exemple : « Mon enfant, si tu réussis tes examens, nous allons à Disneyland ! » La différence réside dans l’intentionnalité. 

Et quels sont les domaines de l’assertivité ?

Comptons-en 6 :

Le compliment : celui que j’offre et celui que je reçois.

Donnez-vous des compliments souvent et pas seulement à votre partenaire de vie ?

Dites-vous bravo plutôt que merci ? Le merci est davantage ciblé sur vous, le bravo, sur l’autre.

 

Recevez-vous facilement les compliments ou vous défendez-vous : oh non, ce n’est rien. Ou encore : tu exagères. 

 

La seule réponse ici : merci.

 

3e et 4e domaines :

 

La critique.

 

Délivrez-vous vos critiques avec respect, élégance et bienveillance ? En distinguant les faits de la personne ? Ou bien votre critique est-elle ad hominem, soit centrée sur la personne ? Au foot, on dirait : visez-vous le ballon ou la jambe ?

 

Êtes-vous capable d’accepter les critiques, au moins de les entendre ? Eventuellement de vous remettre en question ?

 

Enfin, les 5e et 6e domaines concernent la demande.

 

Osez-vous demander, quitte à essuyer un non, qui risque de ressembler, pour vous, à une blessure narcissique ? Oser demander : telle est la 1ère loi du succès… bien loin devant toutes les autres.

 

Et quand quelqu’un vous sollicite, êtes-vous en mesure de dire oui, ou peut-être… ou non ? Ah ce non si difficile à prononcer. Si je lui dis non, je risque le conflit ! Si je lui dis non, il risque de ne plus m’aimer…

 

Vous le comprenez, l’assertivité est le comportement le plus adapté à presque toutes les situations. Presque. Elle a ses limites.

 

Surtout, continuez de lire les grands auteurs pour élargir votre vocabulaire et ainsi communiquer avec finesse et subtilité. L’assertivité, c’est aussi ça. Et moins il y a de vocabulaire, plus il y a de violence. À défaut du mot, je m’empare de la batte de base-ball. 

 

Surtout, continuez d’être curieux des autres. Gourmands de leurs histoires, de leurs idées, de leurs pensées. 

 

Surtout, rappelez-vous qu’à défaut d’être assertifs, vous pouvez faire comme si vous l’étiez. Plus vous ferez comme si, plus vous le deviendrez.

 

Plus vous Volerez… avec les Aigles.

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