Faut-il suivre la foule ?

Pablo : Bonjour, Fabian.

Fabian : Bonjour, Pablo.

 

L’heure est à la réflexion une nouvelle fois puisque c’est le moment où tu interviens. 

C’est l’heure de la Minute du Coach sur Sud Radio. Alors, faut-il suivre la foule ?

 

Excellente question. 

Dans une précédente Minute du Coach, je vous racontais avoir vu cette vidéo très étonnante de dizaines de rats qui se ruent dans une boîte en plexi, simplement parce qu’il y a de la nourriture à l’intérieur, mais ils sont infoutus d’en sortir.

Un seul rat, constatant cela, va s’enfuir trop tard.

 

Ratatouille… Le rat intelligent.

 

Ah, probablement. Il s’appelle comme ça.

Et donc, c’est une question très intéressante parce que très, trop souvent, nous avons cette tendance furieuse à suivre la foule, qu’il s’agisse de la suivre physiquement dans des rues, par exemple. Dans un aéroport. 

Ça m’est arrivé à plusieurs reprises, comme à vous aussi, chers amis auditeurs, sûrement, de suivre la foule et de vous rendre compte qu’elle vous égarait.

Et parfois, on la suit aussi en pensée. Or, la liberté se conquiert dans le verbe. Mais c’est un verbe qui se mérite. Un verbe qui se construit. Une pensée qui se construit. Pas une récitation.

Quand j’ânonne ce qu’ânonne la foule, je suis un âne qui ânonne. Quand je récite ce que récite la foule, je suis un récitant. Je ne suis pas un pensant. 

Le penseur, il se tient debout, là où tous les autres sont à genoux.

Le penseur, il exerce son libre arbitre, son libre examen. 

Et comme je l’ai déjà expliqué mais je me permets d’y revenir, ça me semble trop important pour ça, si vous voulez avoir accès à une pensée plus riche, plus dense, plus intense : lisez ! 

Pourquoi ? Pourquoi lire ? 

Pour confronter vos idées à celles de grands penseurs. 

Et je ne pense pas ici seulement aux philosophes. Non, non ! 

Un grand romancier (je parle d’un grand, grand romancier), c’est aussi un philosophe. 

Dostoïevski est un immense philosophe. 

Bon, si vous lisez de la littérature de comptoir, littérature de gare, je ne vais pas citer de noms pour ne froisser personne, heurter personne, ça ne me dérange pas du tout !

Simplement, comme disait Umberto Eco, cet intellectuel brillant : « Quand vous regardez Derrick, sachez que vous êtes en train de regarder Derrick ! » 

Si vous lisez un roman de gare, un roman de plage, sachez que vous êtes en train de lire un roman de plage, et pas de créer des synapses. Que ce soit clair !

Et donc, si vous voulez conquérir votre liberté :

Ne suivez pas la foule. Ni en gestes, ni en actes, ni en pensées. Donc, non plus, ni en mots.

Et exercez votre libre arbitre. Nourrissez-vous des pensées des autres pour concocter la vôtre, la tricoter et la soumettre sans arrêt, sans arrêt à la question.

Une vraie pensée est une pensée qui se questionne en permanence. 

Et c’est seulement alors qu’on vole avec les Aigles.

 

Merci, Fabian. Bonne journée.

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