La stratégie la plus efficace pour échouer – partie 1

Rudy, chef d’entreprise, glisse inexorablement vers la faillite à cause de mauvais choix et de décisions périlleuses. Autour de lui, nous ne sommes pas passifs, mais il ne nous entend pas. Sa boutique ne tourne pas, un sous-traitant lui doit beaucoup d’argent. Rudy préserve cette boutique et sa pseudo-relation avec ce sous-traitant en n’insistant pas. Surtout, Rudy est sûr que si la boutique ne tourne pas, le vent lui tournera, que le sous-traitant payera ses dettes. Rudy fait toujours plus de la même chose.

Que dire d’Ivan ? Revu après 5 ans, il n’est pas plus heureux qu’auparavant. “Que t’arrive-t-il ?” lui ai-je demandé. “Oh, tu sais bien, Fabien, toujours la même chose avec Laurent, ça ne s’arrange pas. Au boulot aussi, c’est toujours pareil, et il faudrait bien que je perde du poids, que je me remette au sport.”

L’une des phrases que j’ai le plus entendu, une phrase alibi, un refuge ou une palissade, une phrase de bonne conscience. Car elle dit implicitement : “C’est pour bientôt peut-être”, “Ce n’est pas de ma faute”, “Le monde est méchant”, “La vie me boxe sans blague”, “Les journées sont courtes”, “Je suis vraiment très occupé”, sous-entendu “moi”, mais “Il est proche le jour où tout rentrera dans l’ordre”.

Quoi ? Le monde ne sera plus méchant, la vie rangera les gants, la terre mettra plus de 24 heures pour faire un tour sur elle-même et allongera nos journées ? Tu ne seras plus que très occupé, entouré d’oisifs comme Bibi, peut-être que j’aimerais ça. Or donc, il y a un ordre puisque tout doit y entrer. Comment donc mieux réussir aujourd’hui qu’hier ?

Fie-toi des excuses toujours mauvaises. Résolument, la stratégie la plus efficace pour échouer, c’est bien de faire toujours plus de la même chose, d’effectuer le même tir sans jamais le corriger alors que tous les impacts sont à côté de la cible. Comme pour prouver que vous aviez raison, qu’il suffisait d’être patient, un joueur qui perd et rejoue pour se refaire et repère et rejoue pour se refaire et repère.

Einstein considérait que faire toujours plus de la même chose en espérant un résultat différent était de la folie, de la démence pure. Évitez la démence et posez-vous chaque matin une question : “Comment mieux réussir aujourd’hui qu’hier ?” Entendez : “Comment mieux réussir ma journée d’aujourd’hui ?” Demandez-vous régulièrement, comme Mark Zuckerberg, si ce que vous êtes en train de faire en ce moment est bien la meilleure chose à faire en ce moment.

Retenez la leçon de Jim Collins, l’auteur du lumineux “Good to Great” : “Le bien est l’ennemi de l’excellence.” Les entreprises qui réussissent et durent ont compris ça. C’est dans leur gêne, chacune de leurs fibres, leur ADN. Les individus qui s’accomplissent au sens où Abraham Maslow l’entendait, lui qui considérait que seulement 2% de la population parviendrait à la réalisation de soi, joueraient donc, si vous m’autorisez la métaphore, leur petite musique intérieure. Ces individus, l’ont compris aussi. Ils remettent en question leurs propres convictions. Ils n’écoutent pas n’importe qui : pas les beaux, pas les ruminants, pas les non-pensants. Ils écoutent les respectueux, les élégants, les bienveillants, les experts. Ils font le tri. Et quand une stratégie dysfonctionne, ils en changent.

Chers lecteurs, je vous donnerai des stratégies extrêmement performantes pour changer. Et d’ici là, bon vol avec les aigles.

 

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