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Une technique en 4 étapes pour écouter

Une technique en 4 étapes pour mieux écouter

Vous avez certainement entendu dire que les meilleurs vendeurs sont ceux qui ont de l’empathie et qui sont à l’écoute. Mais en réalité, c’est faux ! Les meilleurs vendeurs sont souvent des psychopathes qui appliquent strictement les techniques de vente sans se soucier d’empathie. Ce n’est pas très réjouissant à entendre, mais c’est malheureusement la dure vérité.

Cela ne veut pas dire pour autant que nous devons devenir des psychopathes nous-mêmes pour bien écouter les autres. Au contraire, être réellement à l’écoute est une qualité précieuse qui nous permet de mieux comprendre notre interlocuteur.

Pour y arriver, je vous propose une technique en 4 étapes que j’ai baptisée “ERIC” :

**É**couter
Réellement écouter l’autre sans penser à votre réponse. Le regarder, avoir une posture ouverte, opiner du chef et sourire pour l’encourager à s’exprimer. Ne pas le couper sauf s’il a un flot de paroles incontrôlable.

**R**eeformuler
Une fois qu’il a terminé, laisser un bref silence puis reformuler ce que vous avez compris avec une phrase comme “Si je te comprends bien Pablo, …”. Terminezpar une interrogation du type “c’est bien ça ?” pour lui permettre de rectifier ou d’apporter des précisions.

**I**nterroger
Poser des questions ouvertes et neutres pour obtenir plus de détails sur les points que vous n’avez pas bien saisis. Rester curieux et ouvert, sans jugement.

**C**onclure
Une fois que vous avez tout bien compris, vous pouvez alors donner votre avis si nécessaire.

Cette technique contraste avec la plupart des conversations de comptoir où l’on s’interrompt constamment sans vraiment écouter l’autre. À l’image des bons journalistes, apprendre à bien écouter est un véritable atout dans la vie personnelle comme professionnelle. Alors n’hésitez pas à mettre en pratique la méthode ERIC dès aujourd’hui !

 

 

Bong sang, cessez de rêver

Le futur appartient à ceux qui croient à la beauté de leurs rêves. Ces mots sont d’Eleanor Roosevelt. « Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir et l’envie furieuse d’en réaliser quelques-uns. » Jacques Brel. Enfin, la plus jolie citation d’Oscar Wilde : « La sagesse c’est d’avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu’on les poursuit. »

Le monde applaudit à tout rompre. Les internautes s’échangent ces perles de sagesse à travers les médias sociaux. Moi-même, j’ai dû poster ces phrases en guise de statut sur Facebook.

La course des lévriers

Pourtant, à y regarder de près, Miller, Roosevelt, Brel, et dans une moindre mesure Wilde, ne nous disent rien d’autre que de nous comporter en lévriers. Vous avez déjà vu une course de lévriers ? Ils se précipitent derrière un leurre, une espèce de faux lapin qui, bien sûr, leur échappe sans quoi la course se terminerait trop vite. Dupe les chiens ? Pas sûr. La fin de la course n’est pas vaine, pas complètement.

Ils ne dévoreront jamais le dit faux lapin, mais recevront de la viande quand même, une autre viande, un autre gibier qu’ils auront cru chasser. Ainsi on trompe les chiens. Ainsi on s’assure de leur naïveté lors d’une course prochaine. Que demande le peuple ? Du pain et des jeux. Au moins les chiens mangent quelque chose.

Le rejet des rêves

Vraiment, cela vous intéresse de poursuivre un rêve assez grand et de crever avant de l’avoir touché ? Vraiment, allez-vous, allons-nous vivre la tête en l’air, le regard posé sur un horizon aussi lointain qu’improbable ? Vers des étoiles qui nous font miroiter un meilleur futur ? Vers des promesses ? Juste des promesses ? La seule promesse est notre finitude. Je ne veux pas mourir en poursuivant un rêve qui s’échappe, un rêve qui me nargue. Les rêves nous détournent du réel. Et oui, M. Miller, ils permettent de survivre, pas de vivre.

L’anecdote du Cours Florent

Lors de ma première année au Cours Florent, une école de théâtre parisienne, Valérie Nègre, notre professeur, nous a demandé à Jérôme et moi d’improviser une scène, l’angle : un tableau, les raboteurs. Emporté par je ne sais quelle rage, le mot n’est pas trop fort, je me suis alors levé et conspué ce Dieu auquel je ne crois plus depuis si longtemps. Je lui disais que je ne voulais pas que ma peau soit en lambeaux comme les copeaux de ce foutu parquet, que je ne voulais pas être à genoux, que je voulais vivre debout, crever debout, crever debout, t’entends ? Je veux crever debout ! Les derniers mots de ce monologue improvisé. Ma propre violence ce jour-là m’a sidéré. D’où venait cette rage désespérée ? Quand on crève, justement, on n’est pas debout, jamais. Pas plus que ce jour-là, je ne veux vivre à genoux, mais debout, devant la finitude, méconscient.

La conclusion

Mes rêves ? Je me contrefous de mes rêves. Réellement, qu’ils aillent au diable ou à Dieu, je ne veux pas du rêve. Le rêve c’est du néant, je veux du palpable, du vrai, de l’authentique. Je ne veux pas de néant avant le néant, je veux du réel avant le néant. Je veux des rêves mais avec des échéances. Et ça, ça s’appelle des projets. Les aigles ne rêvent pas, ils agissent et alors s’envolent. Que j’aimerais être comme ça. Bon vol avec eux les amis.

Merci beaucoup Fabien, à la semaine prochaine pour une autre Minute du Coach sur Sud Radio.

 

La stratégie la plus efficace pour échouer – partie 1

Rudy, chef d’entreprise, glisse inexorablement vers la faillite à cause de mauvais choix et de décisions périlleuses. Autour de lui, nous ne sommes pas passifs, mais il ne nous entend pas. Sa boutique ne tourne pas, un sous-traitant lui doit beaucoup d’argent. Rudy préserve cette boutique et sa pseudo-relation avec ce sous-traitant en n’insistant pas. Surtout, Rudy est sûr que si la boutique ne tourne pas, le vent lui tournera, que le sous-traitant payera ses dettes. Rudy fait toujours plus de la même chose.

Que dire d’Ivan ? Revu après 5 ans, il n’est pas plus heureux qu’auparavant. “Que t’arrive-t-il ?” lui ai-je demandé. “Oh, tu sais bien, Fabien, toujours la même chose avec Laurent, ça ne s’arrange pas. Au boulot aussi, c’est toujours pareil, et il faudrait bien que je perde du poids, que je me remette au sport.”

L’une des phrases que j’ai le plus entendu, une phrase alibi, un refuge ou une palissade, une phrase de bonne conscience. Car elle dit implicitement : “C’est pour bientôt peut-être”, “Ce n’est pas de ma faute”, “Le monde est méchant”, “La vie me boxe sans blague”, “Les journées sont courtes”, “Je suis vraiment très occupé”, sous-entendu “moi”, mais “Il est proche le jour où tout rentrera dans l’ordre”.

Quoi ? Le monde ne sera plus méchant, la vie rangera les gants, la terre mettra plus de 24 heures pour faire un tour sur elle-même et allongera nos journées ? Tu ne seras plus que très occupé, entouré d’oisifs comme Bibi, peut-être que j’aimerais ça. Or donc, il y a un ordre puisque tout doit y entrer. Comment donc mieux réussir aujourd’hui qu’hier ?

Fie-toi des excuses toujours mauvaises. Résolument, la stratégie la plus efficace pour échouer, c’est bien de faire toujours plus de la même chose, d’effectuer le même tir sans jamais le corriger alors que tous les impacts sont à côté de la cible. Comme pour prouver que vous aviez raison, qu’il suffisait d’être patient, un joueur qui perd et rejoue pour se refaire et repère et rejoue pour se refaire et repère.

Einstein considérait que faire toujours plus de la même chose en espérant un résultat différent était de la folie, de la démence pure. Évitez la démence et posez-vous chaque matin une question : “Comment mieux réussir aujourd’hui qu’hier ?” Entendez : “Comment mieux réussir ma journée d’aujourd’hui ?” Demandez-vous régulièrement, comme Mark Zuckerberg, si ce que vous êtes en train de faire en ce moment est bien la meilleure chose à faire en ce moment.

Retenez la leçon de Jim Collins, l’auteur du lumineux “Good to Great” : “Le bien est l’ennemi de l’excellence.” Les entreprises qui réussissent et durent ont compris ça. C’est dans leur gêne, chacune de leurs fibres, leur ADN. Les individus qui s’accomplissent au sens où Abraham Maslow l’entendait, lui qui considérait que seulement 2% de la population parviendrait à la réalisation de soi, joueraient donc, si vous m’autorisez la métaphore, leur petite musique intérieure. Ces individus, l’ont compris aussi. Ils remettent en question leurs propres convictions. Ils n’écoutent pas n’importe qui : pas les beaux, pas les ruminants, pas les non-pensants. Ils écoutent les respectueux, les élégants, les bienveillants, les experts. Ils font le tri. Et quand une stratégie dysfonctionne, ils en changent.

Chers lecteurs, je vous donnerai des stratégies extrêmement performantes pour changer. Et d’ici là, bon vol avec les aigles.

 

Inspiration

Pablo : Bonjour, Fabian. 

On va parler d’inspiration. On inspire, on expire, c’est ça ?

 

Fabian : Notamment. On ne va parler que d’inspiration. J’ai plusieurs idées et je propose de laisser ma pensée s’exprimer. On verra bien où ça nous mène, qu’est-ce que tu en dis ?

 

Mais… De toute façon, c’est un peu le modus operandi, je pense.

 

Absolument…

 

C’est à chaque fois la même chose. Non, mais je vous certifie qu’il n’a aucune feuille sous les yeux. C’est de la totale improvisation. Il a un don, ce jeune homme… C’est pour ça qu’on l’aime tant.

 

Disons que j’aime observer le monde qui m’entoure. Et hier, je vais à l’hôpital, et dans l’ascenseur…

 

Pour observer les jolies infirmières…

 

Je suis tombé sur une infirmière qui avait été à l’école primaire en même temps que moi, figure-toi. Tout arrive. Et dans l’ascenseur, je tombe sur un jeune homme qui cherchait son étage. 

Et il ressemblait – d’une façon très étonnante – à Dries Mertens qui est un footballeur belge extrêmement connu. Et je m’entends lui dire : « Tiens, vous ressemblez à Dries Mertens. » 

Et aussi vite – je pense que les mots n’ont même pas franchi la barrière de son cerveau et sont directement arrivés aux lèvres – il me dit : « Ah, je n’ai pas son argent ! »

Et c’est drôle, j’ai eu envie de lui rétorquer : « Mais peut-être n’avez-vous pas non plus consenti tous ses sacrifices ? »

Et parfois, quand on observe la réussite de quelqu’une, de quelqu’un, on oublie tous les sacrifices que ce quelqu’une, ce quelqu’un, a dû consentir. On voit les paillettes, mais on ne voit pas la sueur. Et il en va ainsi de l’inspiration.

On pense que celui qui écrit une chanson, une pièce de théâtre, un roman, une bd, l’inspiration lui tombe dessus. Du latin inspirare (souffler dedans). 

Mais, c’est archi-faux. Moi-même, je suis auteur. Et encore, à mes temps perdus. Mais j’ai une amie qui est romancière et je peux te jurer qu’elle travaille.

Et que donc, l’inspiration n’est pas quelque chose qui s’impose à soi, mais qui se conquiert. Elle va créer par exemple des rituels de mise en condition pour que surgisse l’inspiration, quitte à sabrer dans tout ce qu’elle aura écrit durant tout un après-midi.

Mais inlassablement, sans relâche, écrire encore et encore et encore jusqu’à ce que des pépites jaillissent.

Et j’ai envie de dire ça aux auditeurs : « Ne pensez pas que les choses nous sont données. Le plus souvent, elles se conquièrent. »

Si Dries Mertens est qui il est, c’est parce qu’il a travaillé. Est-ce qu’il était doué ? Oui, sûrement. Mais il ne suffit pas d’avoir le don, il faut aussi être capable de fournir des efforts.

Moi, j’enseigne aux chefs d’entreprise que j’élève et que je forme et que j’accompagne et que je coache. Je leur enseigne à ne JAMAIS travailler. MAIS je n’ai pas dit que je leur enseignais à ne jamais fournir d’efforts.

Quand je joue au tennis, mon dieu, mais je termine l’heure en titubant tellement j’ai couru comme un fou. Ça ne veut pas dire que j’ai travaillé. J’ai joué, j’ai fourni des efforts considérables.

La vie, les amis, c’est aussi sacrifier. Par exemple, le petit plaisir immédiat au profit d’un plus grand bonheur plus tard. Je vous souhaite ça.

 

Merci, Fabian. Bonne journée à toutes et à tous.

 

Aux antipodes de l’utilitarisme

Pablo : Bonjour, Fabian.

Fabian : Bonjour, Pablo.

 

Où nous emmènes-tu aujourd’hui ?

 

Aux antipodes de l’utilitarisme.

 

C’est-à-dire ?

 

C’est-à-dire que parfois, j’ai l’impression autour de moi, notamment dans le chef de certains de mes clients, qu’on vient quémander des stratégies pour être efficace, mieux efficient et obtenir quelque chose, plus de clients, plus de parts de marché, plus d’argent, plus de plus…

 

Mais tu as les réponses à leurs questions, en principe…

 

Bien sûr, je les ai. Oui, oui… 

Oui, oui, je les ai. Mais c’est pas parce que je les ai que j’ai envie de les exposer toujours.

Tu vois, dans ma pièce de théâtre préférée qui est Cyrano de Bergerac, qui est la pièce préférée de tellement de monde. À un moment donné… 

 

« C’est un roc !… C’est un pic !… C’est un cap !… Que dis-je, c’est un cap ?… C’est une péninsule ! »

 

Et donc, tout au début de la pièce, Cyrano fait interdire Montfleury de jouer. Pourquoi ? Parce qu’un jour, cet acteur a osé poser son regard sur Roxane, la bien-aimée. Et il rembourse tous les spectateurs en leur jetant ce qu’il a comme argent sur lui.

Et Le Bret, son ami, lui dit : « Mais enfin, mais pourquoi as-tu fait ça ? » 

Alors, je n’ai plus exactement le propos en tête, puisque je fais toutes ces Minutes du Coach de tête précisément. Mais, en gros, Cyrano de Bergerac…

 

Je confirme…

 

En gros, Cyrano termine en disant : « Mais quel geste !  » 

C’est la beauté du geste.

Alors, certes, il ne sait plus se nourrir. Il n’a plus quoi se nourrir pour plusieurs semaines, mais le geste a été fabuleux.

Et, j’ai l’impression que ça se perd. Et moi, récemment, j’ai eu un projet artistique. Puis l’an dernier, j’en avais eu un autre. Et toujours, sans même escompter et récupérer quelques monnaies sonnantes et trébuchantes que ce soit…

Et mon metteur en scène, Vincent Dussaiwoir, il n’y a pas si longtemps, je lui dis : « Mais au fait, je ne sais plus pourquoi je fais ça ! » 

Et il me dit : « Pour le geste artistique. »

Et j’ai trouvé cette réponse d’une grande puissance. Oui, on peut mettre de l’énergie, des efforts, des ressources pour la beauté du geste, pour la beauté pure du geste pur.

Sans escompter quoi que ce soit – qui soit utilitariste – derrière cela. Cela se perd. 

Et à mon sens, cela nous rend beaucoup plus digne, voire noble.

 

Merci, Fabian. 

À la semaine prochaine pour une autre Minute du Coach sur Sud Radio.

Lire les classiques

Pablo : Bonjour, Fabian.

Fabian : Bonjour, Pablo.

 

Cette semaine, tu nous invites cordialement à lire les classiques. 

Mais qu’est-ce qu’un classique ?

 

Je vais l’expliquer. Je vais l’expliquer, j’ai eu la chance…

 

Parce que ton classique n’est peut-être pas le mien…

 

Absolument. Comme j’ai dit, j’ai eu la chance – peut-être, devrais-je dire – le privilège de recevoir des masterclass délivrées par Éric-Emmanuel Schmitt, par Bernard Werber, par Douglas Kennedy et par Bernard Minier qui sont quatre très, très grands romanciers.

Et qui – animés d’une vraie valeur de partage – nous ont expliqué comment eux-mêmes rédigeaient des romans. Et je me souviens du dernier mot d’Éric-Emmanuel Schmitt – ma toute première masterclass avec lui – alors que lui-même ne peut pas être considéré comme un classique.

 

Il ne peut pas ou ne veut pas ?

 

Il ne peut pas l’être, puisque c’est un contemporain. Et il nous a dit : « Lisez les classiques. »

Lire Flaubert, lire Céline par exemple. Pour moi, en philosophie, c’est lire les philosophes classiques commençant par Platon…

Lire Nietzsche, lire Hegel, lire Heidegger… Mais bon, on n’est pas obligé de lire de la philosophie parce que c’est assez complexe. Il faut être éduqué pour ça, il faut être équipé mentalement et intellectuellement pour lire la philosophie.

Mais ce que je veux dire, c’est que trop souvent – ce que j’observe autour de moi – c’est qu’on va se ruer sur des romans “faciles”. Je ne dis pas que c’est pas bien. Mais ce qui est gênant, c’est de manger un hamburger en pensant que c’est du caviar.

« C’est OK ! – comme disait Umberto Eco – de regarder Derrick, si vous savez que vous êtes en train de regarder Derrick. »

Mais si – tout en regardant Derrick – vous êtes persuadé, convaincu, que vous dévorez un chef d’œuvre de l’art télévisuel, alors là on a un vrai problème, première chose.

Deuxième chose : Lire un classique, lire autrement de la littérature, c’est exigeant. Manger un hamburger, ce n’est pas exigeant. Manger du caviar, c’est exigeant. Lire de la littérature, c’est beaucoup plus exigeant que de lire ce qui est littéral. 

Mais, qu’est-ce qui nous élève si ce n’est la littérature ? Car les grands romanciers proposent une certaine vision du monde. En ce sens, ce sont aussi – le plus souvent – des philosophes qui viennent avec une vision du monde.

On n’y adhère ou pas. On achète ou pas. Mais en tout cas, ils font bouger les lignes et nous sentir vivants. Lisez les classiques.

 

Merci, Fabian.

L’amitié

Pablo : Parlons amitié avec Fabian Delahaut. Hello.

Fabian : Hello, Pablo.

Il y a deux ou trois ans d’ici, j’avais perdu de vue – depuis plusieurs années – un ami qui m’était extrêmement cher. Une personne pour qui j’avais une estime sans borne et nous nous étions brouillés bêtement. Parce que quand on se brouille, c’est souvent bêtement.

Et un jour, je discutais de cela avec deux autres amis et l’un d’eux m’a dit : « Les petits restent dans la discorde et les grands dans l’union. »

Et cette phrase m’a littéralement fracassé le cerveau. Ni une, ni deux, j’ai pris mon smartphone et j’ai envoyé un sms à l’ami en question en lui disant : « Tu me manques énormément. Quoi qu’il se soit produit entre nous, nos échanges me manquent. Nos partages me manquent. Ta présence me manque. »

On s’est revus. Et depuis, c’est comme si on ne s’était jamais quittés. Et j’ai envie de dire aux auditeurs : « Si vous aussi, vous êtes confronté à un manque de cette nature-là, n’hésitez pas à faire le pas nécessaire. »

Et puis, si vous recevez une fin de non-recevoir, ma foi, vous recevez une fin de non-recevoir et vous passez à autre chose. Mais souvenez-vous alors du mot d’Aristote : « Celui qui n’est plus ton ami ne l’a jamais été. »

 

Merci, Fabian.

 

Dites-vous oui à la vie ?

Pablo : Merci d’écouter Sud radio et la Minute du Coach chaque semaine avec Fabian Delahaut de la Eagle Academy.  Dites-vous oui à la vie ? Oui forcément. Non ?

 

Fabian :  Mais pas forcément mon cher Pablo.  Ça dépend comment on pose la question et ça dépend surtout quelle question l’on pose. Et la question que je vais vous poser, je l’emprunte à Nietzsche, ce philosophe que je trouve extrêmement inspirant. Complexe certes, mais extrêmement inspirant et dans Le Gai Savoir,  il se pose la question de l’éternel retour. Seriez-vous prêts à revivre éternellement vôtre vie exactement telle que vous la vivez ?  Alors cet d’éternel retour il l’aborde dès le début d’ Ainsi parlait Zarathoustra, un livre majeur de Nietzsche. Je le cite. Attention, soyez concentrés, ce ne sont pas forcément des phrases faciles à comprendre.

“Je reviendrais, avec ce soleil et cette terre, avec cet aigle et ce serpent, non pour une vie nouvelle, ou une meilleure vie, ou une vie ressemblante ; à jamais je reviendrais pour cette même et identique vie, dans le plus grand et aussi bien le plus petit, pour à nouveau de toutes choses enseigner le retour éternel.”

Nietzsche est définitivement le plus grand des affirmateurs, lui-même n’était pas persuadé de vouloir revivre sa vie car il aurait dû se coltiner à nouveau éternellement sa mère et sa soeur. Mais ce qu’il vous demande, ce que je vous demande à mon tour, c’est : et vous, seriez-vous prêt à revivre la vôtre exactement telle qu’elle est ?

Si oui, vous affirmerez votre volonté de puissance et vous volerez avec les Aigles.

 

 

Merci Nietzsche, merci Fabian

Retour sur l’amour

Pablo : retour de la minute du coach sur Sud Radio avec Fabian Delahaut de la Eagle Academy 

Bonjour, bienvenue sur Sud 

 

Fabian : Bonjour Pablo.

 

Retour sur l’amour : le thème du jour. 

 

Oui, c’est un sujet inépuisable l’amour.  

Et je me suis dit parfois qu’on attend trop de l’autre. Si vous avez trop attendu de l’autre, comme l’autre de vous la relation peut s’avérer toxique.  Quand on ne s’aime pas, tout l’amour doit venir de l’autre, c’est trop. Vous êtes le lit de la rivière à sécher, en panne de crue. 

S’aimer donc, pour pouvoir aimer, sans attendre rien, sans avoir besoin de rien que la connexion. S’aimer pour que notre amour soit démultiplié et pas simplement additionné.  Si je ne m’aime pas, j’attends tout de toi et je te vide, je te siphonne. 

Mais il reste quoi de l’amour si je ne dépends pas du tout de l’être aimé pour être heureux. Si je ne ressens pas le manque, comment puis-je être indépendant complètement ? Est-ce que l’amour n’est pas justement, comme dirait le philosophe Charles Pépin, une espèce   d’apprentissage, d’une dépendance heureuse. Nous dépendons les uns des autres non ? Alors oui : être, c’est dépendre. 

Encore faut-il bien dépendre de façon non toxique. Pour ça il faut commencer par se nourrir de soi-même. Il est très rare que deux volontés se rencontrent,  deux volontés qui ont le même but, prêtes à s’oblitérer pour créer l’espace de l’autre. A se désidentifier, remplissez-vous, soyez généreux avec vous, doux, bon ou bonne. Vous déborderez de générosité de douceur de bonté, vous vous suffirez et si votre âme sœur se suffit à elle-même, se nourrit aussi d’elle-même, vous volerez d’étoiles en étoiles. 

Attention, ce suffire est aussi se réduire. Je dois être prêt à explorer tous les espaces. L’autre n’a pas besoin de me le dire. Le vrai amoureux est un prospectiviste.

Si vous vous dites en m’écoutant que vous aviez tout faux. Que peut-être vous avez tout gâché, que peut-être vous avez fait du mal. Un mal irréparable. Alors, rappelez-vous qu’un homme fait à tout moment le meilleur choix qu’il peut. Sans doute avez-vous été entière, entier dans vos erreurs, aussi vos maladresses, vos errances. 

Et si vous avez donné sans mesure,  retenez qu’il vaut mieux déborder par excès d’amour que de tarir la source par excès de prudence. Et si vous avez tenté mais perdu l’autre, à jamais perdu de ne pas aimer assez, de ne pas vous aimer assez; d’attendre de l’autre ce que vous étiez incapable de vous donner. Rappelez-vous qu’il n’est jamais trop tard pour apprendre à s’aimer au moins un peu. Et puis vous ne l’avez peut-être pas perdu. 

En mécanique quantique la loi de l’intrication stipule que deux systèmes physiques de particules par exemple ne forment plus qu’un seul système dès lors qu’ils ont été entremêlés.  Quoi qu’il arrive même s’ils sont à des années lumières l’un de l’autre il n’est plus possible de les décrire de façon indépendante. Cet enchevêtrement, cet entrelac aura créé un système unique. Vous et votre âme sœur êtes donc imbriqués pour toujours, unis pour toujours.

 

 Bon Vol avec les Aigles

La ligne de mort

Pablo : On prend le temps aujourd’hui d’écouter la Minute du Coach avec Fabian Delahaut.

Il n’y a pas de deadline. Nous ne sommes pas pressés quoique… 

On doit quand même respecter un certain timing. On doit respecter la ligne de mort. C’est dramatique…

 

Fabian : … ou pas. Ou c’est un aiguillon nécessaire, voire indispensable.

Le time management est de plus en plus au cœur de nos préoccupations. Comment faire face à toutes nos obligations, au déluge d’informations qui nous engloutit, assumer tous nos rôles sans oublier de se concentrer sur ce qui est vraiment important : jouer notre « petite musique intérieure ». 

La jouer avant de mourir. La jouer pour s’épanouir et atteindre la pointe de la pyramide des besoins de Maslow : la réalisation de soi. Je vous propose de vous accomplir en accomplissant, de vous réaliser en réalisant : des challenges, des projets.

Pour y parvenir, voici un concept redoutable : « la ligne de la mort » ! La formule semble d’ailleurs ne laisser aucun autre choix que celui de respecter ses délais. En anglais, on dit deadline

Et s’il y a bien un « truc » que je trouve très efficace en termes de gestion de soi dans le temps, c’est celui-ci : se fixer une date limite, une date butoir au-delà de laquelle… c’est la mort.

Une fois cette date fixée, j’établis un rétro-calendrier. Par exemple, en novembre prochain, je jouerai mon deuxième one man show : « Éternité ». La salle est déjà réservée. Les dates de représentations fixées. Bientôt, l’affiche sera créée. Le spectacle – heureusement – est écrit mais rien d’autre n’est fait.

Philippe Vincent (qui me met en scène) et moi, nous fixons donc l’agenda des répétitions en procédant à reculons. Donc, nous partons de la date de représentation. Et puis, nous planifions en fonction. Et puis, il suffit de suivre le programme… Un programme extrêmement morcelé. 

Car il est plus confortable, plus facile aussi, de manger un éléphant petit bout par petit bout.

(et diable, ce deuxième one man show en est un gros !).

À l’instar du cycliste qui escalade le Mont Ventoux, il est préférable de se concentrer sur le premier virage, puis le deuxième et ainsi de suite, que de regarder le sommet. Sans quoi, il descend de vélo.

Morceler, fractionner, c’est transformer un défi majeur en une multitude de tâches très gérables. Mais attention : si des retards peuvent survenir en cours de route, voire être tolérés, la ligne de la mort demeure. Pas question de la déplacer.

Dans le cas du spectacle, vous l’aurez remarqué, j’utilise donc quatre techniques :

La ligne de la mort – Le rétro-calendrier – Le morcellement – L’engagement public

En effet, je me suis bel et bien engagé publiquement, pour les mêmes raisons qui ont poussé Cortés à brûler ses vaisseaux : s’empêcher de reculer.

À votre tour, ne reculez plus ! Un objectif, c’est un rêve avec une échéance. Et il n’y a pas de trêve pour vos rêves. Je vous propose encore 3 actions pour aller plus loin :

1/ Fixez-vous un but avec une date butoir, une ligne de la mort.

Par exemple : le 1er juillet, mon tour de taille sera de 80 cm au lieu de 90.

2/ Élaborez votre rétro-calendrier en notant les étapes-clés et morcelez.

Dans cet exemple, vous noterez votre programme d’entraînement physique et les phases successives d’un régime ou d’un plan alimentaire adapté, vos visites chez le nutrithérapeute, etc… 

3/ Enfin, engagez-vous et sollicitez l’encouragement de proches. Le jour du départ, il n’y a plus qu’une seule chose à faire : GO ! Car seule l’action vous permettra d’atteindre vos objectifs.

Alors fi des bavardages, fi des excuses, toujours mauvaises : AGISSEZ !

Et Volez avec les Aigles.